Chronique des médias

Des médias gâtés avant les élections

Audio 02:29
Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication.
Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication. MinistereCC

Nous revenons avec Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies, sur la hausse budgétaire annoncée par Audrey Azoulay, la ministre de la Culture et de la Communication, en faveur des médias et de l’audiovisuel public.

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A l’approche des élections présidentielles, c’est un budget exceptionnel, historique, qui a été présenté mercredi par la ministre de la Culture Audrey Azoulay. Représentant pour la première fois 1,1% du budget de l’Etat, soit quelque dix milliards d’euros, il prévoit une hausse budgétaire de 1,6 % pour l’audiovisuel public et de 5,5 % pour les missions culture, recherche et médias, qui mobilisent un gros tiers de cette manne. Alors pourquoi une telle générosité du gouvernement vis-à-vis des artistes et des médias ? Et bien tout simplement parce qu’Audrey Azoulay, ancienne conseillère de François Hollande à l’Elysée, est en mission dans la perspective de l’élection : il s’agit de reconquérir, ou de tenter de reconquérir les milieux artistiques mais aussi les producteurs, les cinéastes, les journalistes, les gens de programmes, bref tous ceux que l’on sait influents auprès de l’opinion et dont beaucoup ne cachent pas leur déception vis-à-vis d’un président qui s’affirme social-démocrate.

C’est bien sûr au nom d’ambitions culturelles que ces crédits sont revus à la hausse. Tant à France télévisions qu’à Arte ou au Centre national du cinéma (CNC), des dizaines de millions d’euros sont injectés pour soutenir la création, c’est-à-dire des fictions ou des documentaires de qualité. Mais il y aussi de mesures plus conjoncturelles, pour colmater une crise, comme un fonds pour l’emploi de 90 millions d’euros destiné aux intermittents du spectacle. Toutes ces mesures sont financées par des taxes affectées, à commencer par la redevance qui passe de 137 à 139 euros pour les Français. Une redevance indexée sur l’inflation, ce qui fait que l’audiovisuel public n’est plus tributaire des arbitrages budgétaires de l’Etat, comme avant 2012. Le gouvernement n’a cependant pas eu le courage, comme en Allemagne, de revoir l’assiette de prélèvement pour l’étendre aux ordinateurs, aux smartphones et aux tablettes qui peuvent recevoir la télé.

Enfin, la hausse budgétaire vise à renforcer l’information publique. Elle permettra de financer la chaîne Franceinfo mais aussi, à hauteur de plus de 7 millions d’euros, France 24 en espagnol. La nouvelle chaîne commencera à émettre en septembre 2017, à raison de 6 heures par jour, avec une trentaine de journalistes installés à Bogota, en Colombie. Réalisée avec l’appui de la rédaction en espagnol de RFI, et quatre personnes à France 24 pour l’actualité française et internationale, cette déclinaison hispanophone répond à une volonté de défendre la place de la France et du français dans le monde, à l’heure où il faut parfois défendre des valeurs.

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