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Aujourd'hui l'économie

En France, le marché de l'immobilier a le vent en poupe

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En France, la faiblesse des taux d’intérêt a réveillé la demande dans le secteur de l'immobilier et a entraîné avec elle le marché du neuf comme celui de l’ancien.
En France, la faiblesse des taux d’intérêt a réveillé la demande dans le secteur de l'immobilier et a entraîné avec elle le marché du neuf comme celui de l’ancien. Getty Images/Blend Images/Dave and Les Jacobs

Gros plan sur le marché immobilier français en pleine euphorie depuis le début de l'année.

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Acheteurs et vendeurs, promoteurs et intermédiaires, tous marchent sur un petit nuage depuis le début de l’année. La faiblesse des taux d’intérêt a réveillé la demande et entraîné avec elle le marché du neuf comme celui de l’ancien. Avec la politique accommodante de la Banque centrale européenne, l’accès au crédit immobilier est littéralement donné. Ce mois-ci, le taux d’intérêt moyen a de nouveau baissé à un plus bas historique de 1,4 %.

Au début des années 2000, ce taux était quatre fois plus élevé. Pour l’acquéreur, cela veut dire plus de mètres carrés avec moins d’apports. On estime qu’en intégrant le coût du crédit le prix d’un logement a baissé de 7 % en un an. Les ménages voient grand désormais, ils peuvent s’offrir un appartement d’une surface moyenne du 83 mètres carré, du jamais vu. Bien sûr, cela a fait grimper les prix, mais après quatre ans de baisse, c’est plutôt un rééquilibrage. Pas de quoi annuler l’effet d’aubaine engendré par les taux au plancher.

Est-ce que cela veut dire que la crise du logement est en passe de se résoudre ?

Le prêt à taux zéro garanti par l’État, les programmes de défiscalisation de type Pinel ont donné un coup de pouce supplémentaire au marché et ont donc élargi l’offre disponible. Mais pas assez pour ramener le marché à l’équilibre dans les zones en tension. Les inégalités géographiques demeurent. Les logements sont disponibles dans les villes de la grande couronne d’Ile-de-France, par exemple, tandis qu’à Paris intra-muros la pierre demeure inabordable, inaccessible pour ceux qui achètent pour la première fois. Il y a toujours en France des logements vacants et invendables dans les zones les plus affectées par la crise et des villes en revanche dynamiques qui portent aujourd’hui l’embellie.

Ensuite, les banques ouvrent grand les vannes du crédit, mais en choisissant soigneusement les élus. Seuls les ménages solvables ont accès au crédit. Les chômeurs en revanche continuent d’être exclus du marché et les chômeurs sont nombreux en France. Ce crédit bon marché a surtout donné des ailes aux investisseurs, c’est-à-dire aux particuliers qui achètent pour louer afin de compléter leur revenu actuel ou futur.

Est-ce qu’il y a un risque de bulle immobilière ?

On en est très loin, précisément parce qu’une bonne partie des acquéreurs potentiels continuent à être exclus du fait de la précarité de l’emploi. La hausse du chômage du mois d’août a écarté du marché immobilier un nombre important de ménages. Pour les agents immobiliers, 2016 est une parenthèse enchantée. Elle se refermera quand les taux commenceront à se redresser.

Sous l’influence de la Fed, la Banque centrale des États-Unis, le mouvement de hausse pourrait intervenir après l’élection présidentielle américaine. Par ailleurs, la Banque de France cherche à introduire des taux différés qui augmentent avec la durée du prêt. Un moyen de protéger les banques. Car si aujourd’hui elles réalisent encore des marges confortables, elles pourraient être prises en ciseau quand les taux remonteront. Les intérêts versés par leurs emprunteurs seront alors toujours aussi bas, mais l’accès à l’argent sera lui beaucoup plus élevé.

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