Chronique des matières premières

Crise bovine: acheter les surplus de viande européens pour nourrir les réfugiés

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Des vaches françaises paissent dans une ferme de Bretagne, le 2 septembre 2015.
Des vaches françaises paissent dans une ferme de Bretagne, le 2 septembre 2015. REUTERS/Stephane Mahe
Par : Altin Lazaj
5 mn

Nourrir les réfugiés de guerre avec de la viande bovine européenne, c’est ce que proposent les syndicats de la filière bœuf en France pour écouler le surplus de la production dans l’Union européenne.

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La sortie de crise de la filière bovine pourrait passer par l’humanitaire. « Et si vous achetiez les surplus de viande en Europe pour nourrir les réfugiés » ? C’est ce que proposent à l’Union européenne les syndicats des producteurs en France. Ils participent au sommet international de l’élevage qui se tient jusqu’à ce soir près de Clermont-Ferrand. Le ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll, présent au sommet, les soutient.

Il s’agirait d’une aide en nature à la Turquie, à la Jordanie et au Liban qui accueillent des millions de réfugiés venus de l’Iraq et de la Syrie. L’Union européenne aide déjà ces trois pays financièrement. L’Idée est donc d’utiliser une partie de ces financements pour acheter les surplus de bœuf. Les professionnels affirment avoir été inspirés par une initiative américaine. Cette mesure offrirait une bouffée d’oxygène pour les éleveurs européens. Les cours de viande bovine s’effondrent en raison d’un afflux massif de bêtes dans les abattoirs.

Un secteur qui risque de s'enfoncer encore plus dans la crise

Le plan européen de réduction de la production laitière pour faire remonter les cours du lait va sans doute aggraver la situation. Il devrait générer l’abattage d'un million de vaches supplémentaire cette année dans l’ensemble des pays de l’Union. Par conséquent, la filière déjà en grande difficulté risque de s’enfoncer encore plus dans la crise. Selon la Fédération nationale bovine, les éleveurs français travaillent même à perte aujourd’hui. Il leur manque un euro par kilo de viande pour couvrir leurs frais.

Du coup, sur les 80 000 exploitations spécialisées dans la viande bovine, environ un quart est en état de quasi-faillite en France. Les plans d’aide l’an dernier n’ont pas réglé la crise de la filière en France. Même si pour l’instant, Bruxelles ne s’est pas prononcé, cette proposition française de rachat des surplus pour les déplacés de guerre sera prise au sérieux. C’est ce qu’a laissé entendre le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan, lors du sommet. La France est la première puissance agricole de l’ensemble de l’Union européenne.

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