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Aujourd'hui l'économie

L’impossible allègement de la dette grecque

Audio 03:15
Les créanciers sont de retour en Grèce dès la semaine prochaine pour vérifier que le gouvernement se conforme à leurs exigences.
Les créanciers sont de retour en Grèce dès la semaine prochaine pour vérifier que le gouvernement se conforme à leurs exigences. REUTERS/Dado Ruvic/File Photo

Les ministres de la zone euro se sont réunis ce lundi après-midi à Luxembourg pour approuver le versement d'une nouvelle tranche d'aide en faveur de la Grèce. Son économie demeure en récession, incapable de sortir de la dépendance à l'égard de ses bailleurs.

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Cette année encore la Grèce sera en récession. Cela fait maintenant presque 8 ans de décroissance continue. Le pays a perdu le quart de sa richesse nationale, le quart des emplois disponibles. Il y a quelques embellies. Dans le secteur du tourisme, par exemple. Et cette vitalité contribue à faire baisser le chômage. Il reflue très progressivement, il est aujourd'hui à 23,2 %.

L'amélioration est toutefois extrêmement lente : à ce rythme, le taux de chômage restera à deux chiffres jusqu'en 2050. L'économie grecque continue donc d'être prise au piège. Entièrement dépendante de la perfusion de ses bailleurs. Le chèque de 2,8 milliards d'euros qui sera versé à l'issue de cet Eurogroupe servira à payer les fournisseurs de l'État et à rembourser les créanciers. 

La Grèce continue donc à contracter de nouveaux emprunts pour rembourser les précédents, moyennant des réformes

Les créanciers sont de retour en Grèce dès la semaine prochaine pour vérifier que le gouvernement se conforme à leurs exigences, c'est la condition sine qua non pour que ce troisième plan de sauvetage se poursuive. Athènes a encore une quarantaine de réformes à mener. Notamment celle du marché du travail. Une grosse épine dans le pied du Premier ministre Alexis Tsipras. Car ces réformes adoptées dans la douleur sont sans effet immédiat sur le retour de la croissance.

Pour faire passer la pilule, il a plus que jamais besoin d'obtenir une renégociation de la dette. C'est sa priorité depuis son arrivée au pouvoir, et c'est aussi une nécessité économique pour permettre à son pays de sortir enfin la tête de l'eau. La dette représente 180% du produit intérieur brut. Même si l'argent fourni par les créanciers est prêté à des conditions hyper avantageuses ces aides perpétuent néanmoins la spirale de la dette.

Pour casser cette spirale, il y a longtemps que le FMI prône un allègement de la dette grecque

Un allègement de grande ampleur. Sans cette soupape, le FMI considère que le sauvetage de la Grèce est artificiel. Et comme il n'est toujours pas entendu sur ce sujet, le FMI envisage de renoncer à participer au plan de sauvetage en cours. C'est ce que laissait entendre l'agence Reuters en fin de semaine.

Dans un communiqué publié hier, le FMI indique réserver encore sa réponse. Cette incertitude sur l'attitude du FMI va-t-elle faire plier l'Allemagne ? Le principal créancier de la Grèce demeure intraitable sur la renégociation de la dette, mais c'est aussi le pays qui exige la présence du FMI à la table des négociations. Il y a donc un bras de fer feutré en cours.

Alexis Tsipras aimerait au moins un engagement sur le calendrier

Il est prêt à attendre l'automne 2017, c'est-à-dire après les élections allemandes. Mais d'ici là, d'autres signaux positifs sont bienvenus pour atténuer le fardeau de la dette. La Grèce jusqu'à maintenant exclue du programme d'assouplissement monétaire de la BCE souhaite en bénéficier, car cela fera baisser les taux. Une annonce en ce sens pourrait intervenir la semaine prochaine à la réunion mensuelle des gouverneurs de la BCE.

 

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