Bonjour l'Europe

Pays baltes: inquiétudes sur les incursions de l'aviation militaire russe

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L'avion de chasse russe-Sukhoi Su-17. Ici, au musée du château de Savigny-les-Beaunes.
L'avion de chasse russe-Sukhoi Su-17. Ici, au musée du château de Savigny-les-Beaunes. Groumfy69/wikimedia.org
Par : Marielle Vitureau
5 mn

Direction les pays baltes ce matin dans notre rendez-vous du «Bonjour l’Europe». C’est au rythme des incursions militaires russes dans l’espace aérien finlandais ou estonien, du transport de missiles que vit la région ces derniers jours. Une réaction de Moscou suite notamment à l’implication de plus en plus grande de l’Otan pour assurer la sécurité dans la région balte. Ces violations de l’espace aérien sont loin d’être nouvelles, mais elles inquiètent de plus en plus. Décryptage.

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de notre correspondante dans les pays baltes

Pour l’Estonie, il s’agit de la cinquième incursion de l’année dans son espace aérien comme l’a annoncé le ministère de la Défense. Vendredi dernier, cette nouvelle incursion était en quelque sorte un moyen de faire diversion.

Et pour cause : le même jour, comme l’a affirmé la radio publique estonienne, un bâtiment russe civil transportait, sur la mer Baltique, un système de déploiement de missiles en direction de Kaliningrad. Un équipement qui peut aussi transporter des têtes nucléaires.

La situation est donc inquiétante pour les trois pays baltes d’autant plus que les militaires lettons notent une recrudescence de l’activité à leurs frontières avec des exercices de très grande ampleur, impliquant plusieurs divisions et du matériel sophistiqué du côté russe.

La Russie montre ses muscles, la région riposte

Alors que la Lettonie a décidé de relever d’un cran la mobilisation de ses troupes armées, en Estonie, toute la classe politique a réagi à l’incident. Pour le chef des forces armées estoniennes, la Russie prouve ainsi sa volonté de prendre le contrôle de la mer Baltique.

Mais, une fois n’est pas coutume, c’est la Lituanie qui est restée la plus mesurée ce week-end. Pour Linas Linkevicius, à la tête de la diplomatie lituanienne, la situation est inquiétante. Et pour cause : selon lui, la Russie nie ce qu’on lui reproche et son objectif premier, en faisant peur, est bien d’obtenir des concessions de la communauté internationale sur l’Ukraine et sur la Syrie.

Quid des missiles ?

Quant aux missiles, ils étaient annoncés dans le cadre d’exercices. Mais leur portée est de 700 kilomètres. Leur potentiel usage violerait l’accord passé sur les armes nucléaires. La seule issue pour lui face à l’insolence de Moscou est « de faire front tous ensemble » selon le ministre.

Hier, les Lituaniens ont voté pour le premier tour des législatives. Peu importe la coalition future, tous les partis sont sur la même longueur d’onde.

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