Revue de presse française

A la Une: la course contre la montre de Nicolas Sarkozy

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AFP

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Le dernier sondage publié ce matin par Le Figaro sur les primaires à droite n’est pas bon pour l’ancien président. « Alain Juppé accentue son avance sur Nicolas Sarkozy », pointe le journal. « Le maire de Bordeaux (42 %) possède désormais 14 points d’avance au premier tour sur l’ancien chef de l’État (28 %). »
Commentaire du Figaro : « C’est dans une course contre  la montre qu’est engagé Nicolas Sarkozy. Six semaines pour inverser une spirale dangereuse pour lui. Six semaines pour remonter dans les sondages, devancer Alain Juppé au premier tour de la primaire et le battre au second. C’est dire si l’heure n’est plus à la nuance. Pour gagner la primaire, Sarkozy s’en remet à une logique primaire. C’est le peuple contre les élites. C’est la France réelle contre une France rêvée. C’est  la vérité contre la 'trahison'. »

En effet, poursuit Le Figaro, « sous les mauvais sondages et les commentaires qu’ils suscitent, Nicolas Sarkozy voit l’œuvre du 'petit Paris mondain', des 'élites médiatiques' qui, avec le renfort complice d’électeurs de gauche, veulent 'trahir' la nature de la primaire. Tout son discours, illustré par la mobilisation réussie hier du Zénith, visait donc à se poser en défenseur de la cause du peuple, en unique 'porte-parole de la majorité silencieuse'. Silencieuse dans les sondages mais qui s’exprimera, veut-il croire, dans les urnes. »

« L’équation est donc très compliquée pour Nicolas Sarkozy », pointe Le Républicain Lorrain

« Son 'triomphe' récolté hier au Zénith de Paris confirme seulement que ses inconditionnels partisans demeurent mobilisés. Sa cause n’est certes pas perdue mais la dynamique n’est plus de son côté. Or, un échec, inimaginable dans son esprit, serait désastreux pour lui, car il ruinerait son petit capital d’ancien président de la République. Sa défaite face à François Hollande en 2012 fut malgré tout honorable mais un recalage infligé par son propre camp serait une humiliation. »

En fait, estime L’Est Républicain, « Nicolas Sarkozy paraît plombé par les répliques d’un quinquennat trop proche. Alors qu’Alain Juppé, rayonnant maire de Bordeaux, s’est affranchi de cette période où il était trop 'droit dans ses bottes', de la grande colère populaire de 1995 et même de la condamnation de 2004. Et puis, au-delà de l’opposition de styles entre le feu et la glace, il y a le pari politique. Hier encore, Nicolas Sarkozy a récité sa partition. Sécurité, déclassement… Un discours fort mais qui ne lui permet guère d’élargir une base solide. Alain Juppé fait un autre choix : celui du centre. Histoire de rallier autour de lui tous ceux qui ne veulent plus de son adversaire. L’avenir dira combien ils sont. »

Pour sa part, Sud-Ouest ose la comparaison avec Donald Trump…

« Nicolas Sarkozy reste bien loin des outrances ou de la vulgarité d’un Donald Trump qui, par ailleurs, n’a pas la même expérience de l’homme d’Etat que lui. Il s’inspire pourtant de sa campagne et ne s’en cache pas, pointe Sud-Ouest : même goût pour la transgression, même volonté de créer l’évènement à coup de propositions choc ou de déclarations fracassantes, même discours anti establishment au nom de la 'majorité silencieuse', même tendance à cliver et à diviser, jusqu’à son propre camp. De part et d’autre de l’Atlantique, le milliardaire américain et l’ancien maire de Neuilly s’adressent au même électorat, celui des 'petits blancs' qui redoutent le déclassement social, la décadence du pays et la perspective de ne plus se sentir chez eux. »

Enfin pour La Presse de la Manche, Sarkozy pourrait adopter une stratégie jusqu’au-boutiste… En effet, « semble se dessiner une stratégie de négation de la primaire, si elle ne lui était pas favorable, pour se présenter quand même à la présidentielle contre le vainqueur. »

On revient à Donald Trump, avec la Une de Libération : « Frankentrump »

Et cette photo bleutée d’un Trump l’air menaçant, comme revenu du monde des morts, comme la créature de Mary Shelley.
« Les experts, journalistes et historiens qui se succèdent depuis vendredi soir sur les chaînes de télévision américaines sont unanimes, pointe Libération : jamais une telle tempête politico-médiatique ne s’était abattue sur une campagne présidentielle, si près de l’échéance. A un mois de l’élection du 8 novembre et à quelques heures du deuxième débat de cette nuit, la révélation par le Washington Post de propos outranciers de Donald Trump à l’égard des femmes a plongé le candidat républicain dans la tourmente. Et avec, son parti, plus que jamais déchiré. »

En effet, poursuit Libération, certains dirigeants républicains ont publiquement désavoué leur candidat. Mais, s’agace le joural, « n’ont-ils donc rien eu à dire quand Trump s’en est pris aux musulmans, aux Noirs, aux Mexicains, aux handicapés, aux pauvres, aux anciens combattants ? Jusqu’alors, le programme et l’attitude de Trump ne leur posaient manifestement aucun problème. Trump élu ou pas, finalement, peu leur importait. Mais la marionnette leur a échappé. Rattrapé par son passé et ses agressions, réelles ou fantasmées, de femmes mariées, sans doute blanches, il a attaqué le cœur de l’électorat républicain et conservateur. Il a surtout achevé de faire exploser le Parti républicain, qui va devoir justifier de son soutien à un personnage que ses caciques font mine de découvrir à un mois du vote. Et redéfinir les valeurs du parti de Lincoln. »

Pour L’Union, « cette campagne montre donc que tous les coups sont désormais permis

Or, en bête blessée, traquée, Trump sait qu’il n’a plus rien à perdre et n’importe quel chasseur vous le dira : c’est à ce moment-là que le gibier se montre le plus coriace et dangereux. Les boules puantes devraient donc redoubler dans les prochaines heures, pronostique L’Union, et l’Amérique puritaine risque d’avoir les tympans vrillés par un tombereau de révélations ne portant pas beaucoup plus haut que la ceinture. Entre les aventures extraconjugales de Bill Clinton et le comportement réputé odieux d’Hillary à l’égard des maîtresses de son mari, il y aura de quoi faire. Pour générer un revirement extraordinaire, 'le Donald' n’a en fait que deux solutions, conclut le journal : faire preuve d’humilité en suppliant ses électeurs ou… s’enfermer définitivement dans une spirale destructrice et autodestructrice. Pas sûr que le suspense soit encore de mise à ce niveau… »

Et en effet, cette nuit, les faits ont donné raison à cette prédiction de L’Union, Donald Trump a lancé une salve d’attaques contre Hillary Clinton « pour tenter de sauver sa campagne, déterrant les frasques sexuelles de Bill Clinton et menaçant même d’envoyer sa rivale en prison s’il était élu à la Maison Blanche. »

Nous en reparlerons demain dans cette même revue de presse…

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