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Chronique des matières premières

Les enjeux du projet TurkStream entre la Russie et la Turquie

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Lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, lundi 10 octobre 2016 à Istanbul.
Lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, lundi 10 octobre 2016 à Istanbul. REUTERS/Osman Orsal
Par : Altin Lazaj
5 mn

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré à Istanbul son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lundi 10 octobre 2016. La rencontre s'est soldée par la signature d'un accord sur la réalisation du projet TurkStream qui doit acheminer le gaz russe vers l'Europe en passant par la mer Noire. Un projet très important pour ces deux pays.

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Le gazoduc TurkStream doit permettre d’acheminer à terme, de la Russie vers l’Europe, pas moins de 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an. C’est un projet stratégique d’abord pour la Turquie. Ses besoins en énergie ne cessent de croîre et l’accueil de ce gazoduc permettra à Ankara d’avoir des tarifs préférentiels.

La Turquie importe 80 % de sa consommation en gaz, principalement de la Russie et a donc tout intérêt à devenir une plaque tournante de ce transit. Sa situation géographique, aux portes du vieux continent et à la frontière des grands pays producteurs du Moyen-Orient et de l’Asie, fait déjà de la Turquie un acteur incontournable pour le transit des hydrocarbures vers l’Europe.

Un moyen pour la Russie de contourner l'ennemi ukrainien

TurkStream est également stratégique d’un point de vue économique et géopolitique pour la Russie. La Turquie est le deuxième client du gaz russe après l’Allemagne. Mais Moscou voit surtout son nouveau partenaire comme un moyen de contourner l’ennemi ukrainien, principal pays de transit pour les exportations vers l’Europe. Un objectif difficile à atteindre.

La Russie et l’Union européenne entretiennent des relations conflictuelles justement à cause de la crise ukrainienne. Sans oublier que les Européens cherchent à diversifier leurs approvisionnements pour réduire leur dépendance au gaz russe avec la construction en cours du projet Transadriatic.

Scepticisme

En 2020, ce gazoduc devrait acheminer du gaz d’Azerbaïdjan vers l’Union européenne en passant par la Turquie, la Grèce et l’Albanie. Malgré l’ambition affichée, les analystes restent sceptiques quant à la rentabilité et la réalisation de TurkStream.

La construction n’a pas encore commencé et l’objectif initial d’assurer les premiers approvisionnements en 2019 semble trop optimiste à ce stade. Sans compter que la construction du tronçon à destination du marché européen n’est pas à l’ordre du jour. Bruxelles n’a pas encore donné son feu vert. Pourtant pour être viable financièrement, Turkstream devra à terme fournir les Européens en gaz.

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