Aujourd'hui l'économie

Les conséquences pour le Royaume-Uni du choix d’un «Brexit dur»

Audio 03:16
La Première ministre britannique, Theresa May.
La Première ministre britannique, Theresa May. REUTERS/Matt Cardy/Pool
Par : Altin Lazaj
7 mn

Les craintes des milieux financiers, alors que se profile un Brexit dur comme l’a laissé entendre Theresa May, ont déjà un impact sur l’économie britannique. La livre sterling a atteint, ces derniers jours, son plus bas niveau face au dollar et à l’euro.

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Que signifie un Brexit dur ?

Un Brexit dur, c'est une sortie brutale du Royaume-Uni du marché libre de l’Union européenne. Cela va entraîner la mise en place de barrières douanières pour le commerce des biens et des services entre la Grande-Bretagne et les 27 pays de l'Union européenne. Un cauchemar pour les entreprises car jusqu'à 90% des biens pourraient être taxés.

Cette perspective inquiète en priorité les milieux financiers avec cette conséquence visible ; une forte dépréciation de la livre britannique face au dollar et à l’euro. Les marchés anticipent toujours les évènements, les investisseurs vendent donc massivement la livre. Conséquence, elle plonge. Elle a atteint, la semaine dernière, son plus bas niveau face au billet vert depuis trente-et-un ans.

Quelles conséquences peut-on attendre sur l’économie britannique ?

Les partisans d’une rupture nette avec l’Union européenne jugent que le Royaume-Uni sera libre de négocier à son aise des accords commerciaux avec les grands pays émergents, notamment asiatiques. Le seul effet positif qu’on remarque en ce moment c’est à la Bourse de Londres. La dépréciation de la livre rend les produits britanniques moins chers donc plus compétitifs. Cela pourrait se traduire à terme par une hausse des exportations.

Mais ceux qui en profitent, ce sont les grandes entreprises britanniques qui réalisent une bonne part de leurs activités et profits à l'étranger. Et c’est vrai que dans l’immédiat, leurs valeurs boursières augmentent sous l’effet de la faiblesse de la livre.

Le Footsie, l'équivalent du CAC 40 à Paris, a atteint un nouveau sommet historique hier. Mais attention, ce n’est pas parce que les valeurs boursières des grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres s'envolent que leurs dirigeants sont en faveur d'un Brexit dur. Au contraire, ils tiennent à garder un libre-accès au marché européen.

Quel sera l’impact sur le secteur financier, un secteur très important pour l’économie britannique ? 
 
L’idée de perdre le libre-accès au marché de l’Union européenne inquiète les banques, les gérants d'actifs et les assureurs. Car si la City est jusqu'à présent aussi attractive, c'est parce qu'elle a le fameux passeport européen. C'est pour cette raison que les grandes banques américaines, mais aussi les banques suisses ont installé à Londres leur tête de pont en Europe; ce sésame leur donne un accès permettant de réaliser depuis le sol britannique des opérations à travers toute l'Union européenne. En cas de Brexit dur, la City perdrait ce passeport

Et selon une étude récente, le plus grand centre financier européen pourrait perdre jusqu’à 43 milliards d'euros et 75 000 emplois. D’ailleurs plusieurs représentants d'institutions financières ont menacé de relocaliser leurs activités en Europe dès le début de l'année prochaine. L’avenir de la City sera le point clé des négociations entre Londres et Bruxelles.  

Une autre étude du gouvernement britannique, dévoilée par le journal The Times prévient que le Trésor pourrait, lui, perdre jusqu'à 73 milliards d'euros par an, en recettes fiscales si l’option du Brexit dur était choisie.

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