Accéder au contenu principal
Revue de presse française

A la Une: Hollande sous le feu des critiques

Audio 05:58
AFP

Publicité

François Hollande hésitait à recevoir Vladimir Poutine ? Eh bien le président russe, lui, a tranché… Il ne viendra pas inaugurer la nouvelle cathédrale orthodoxe de Paris en encore moins rencontrer le président français.

Deux attitudes, deux postures, l’une indécise, l’autre martiale qui valent une volée de bois de vert ce matin à François Hollande.

« François Hollande a commis une lourde faute face à l’homme fort du Kremlin, fulminent Les Echos : celle de l’hésitation. “Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est nécessaire ?”, de recevoir Poutine, s’est-il publiquement demandé. Une hésitation qui a fourni sur un plateau au maître du Kremlin un prétexte pour reporter sa visite prévue à Paris le 19 octobre, sans qu’aucune nouvelle date soit fixée. En bombant le torse à moitié, la France est tombée toute seule en deuxième catégorie. »

« La diplomatie est un art subtil, relève La Croix. De ce point de vue, François Hollande a eu tort, samedi, de se poser des questions “hamlétiques” sur le fait de recevoir Vladimir Poutine […]. Pour un chef d’Etat, ce ne sont pas des questions à se poser publiquement. Car on s’expose au risque d’une réponse condescendante. »

« Encore un petit effort et le duo Hollande-Ayrault va finir dans le bêtisier de l’Histoire diplomatique, soupire L’Union. Le premier a eu la naïveté de nous faire partager ses hésitations dans une émission de divertissement. Le second prévient que si Poutine est reçu à l’Elysée, ce ne sera pas pour faire des mondanités. Cette oscillation française, entre coups de menton et tremblements, illustre à merveille ce qui nous tient lieu de politique étrangère. Une perpétuelle valse-hésitation, une détermination sans faille constamment ramollie par les bons sentiments. »

Le Figaro n’épargne pas non plus le chef de l’Etat : « face aux atermoiements de Hollande, Poutine n’a pas cillé un instant, donnant en fin de compte l’impression que pendant que Paris joue aux dames, Moscou joue aux échecs. Poutine se dit toujours prêt à voir Hollande alors que le pilonnage de l’aviation russe sur Alep a repris de plus belle. » Et Le Figaro de s’interroger : « pourquoi la Russie couperait-elle les ponts avec la France, lorsqu’il lui suffit d’attendre qu’elle change… de président ? »

D’ailleurs, s’il y a avait eu une rencontre, il n’est pas sûr qu’elle eut tourné à l’avantage de François Hollande… Le Canard Enchaîné rappelle le fameux entretien Sarkozy-Poutine en 2007 : « ce dernier était sorti avec l’air d’avoir sifflé un litre de vodka, alors qu’il ne boit pas : il avait tenté de parler de tout, y compris de ce qui fâche, et Poutine l’avait cassé d’emblée en lui expliquant que la France était un pays “tout petit” et que le sien était “très grand”. Entre deux insultes, le président russe avait lâché, rapporte encore Le Canard, “tu continues à parler sur ce ton et je t’écrase !” Sarko s’était écrasé tout seul. D’où son air un rien sonné. »

Reprendre le dialogue !

Certes, Poutine n’est pas un tendre, mais il ne faut surtout pas l’ignorer… « Entre Paris et Moscou, il est temps de reprendre le dialogue, pointe L’Opinion. Le président russe doit venir à Paris et y être reçu par François Hollande. Non pour des “mondanités” comme dit Jean-Marc Ayrault, mais pour parler relations bilatérales, commerce, terrorisme, Syrie, Ukraine, sécurité en Europe. Aucune des grandes crises ne se réglera sans la Russie, a fortiori contre elle. La diplomatie ne consiste pas à dialoguer uniquement avec ses amis : sa raison d’être est de parler avec tous ceux qui comptent, fussent-ils peu aimables. »

« Il faut parler à Poutine, renchérit Le Monde, pas l’honorer : c’est la base de la diplomatie. On agissait ainsi durant la guerre froide. On y revient, au moins sur le plan rhétorique. »

D’autant, relève Sud-Ouest, que « jamais, depuis la pire période de la crise des euromissiles des SS 20 dans les années 1980, les relations entre Russes et Occidentaux n’ont atteint ce degré de glaciation. Vladimir Poutine ne renoncera à rien, dès lors qu’il a aujourd’hui les mains libres en Syrie. Il ne s’agit pas simplement d’assurer ses bases en Méditerranée. Il s’agit pour lui de toujours montrer à son peuple, dans une stratégie dont on ne sait où elle le mènera, qu’il fait front contre un supposé complot visant à l’encercler. »

Enfin, souligne La Voix du Nord, « dans la partie de bras de fer permanent entre Poutine et les puissances occidentales, comme au temps de la Guerre froide, il manque la poigne des Etats-Unis. Avec un président américain en fin de mandat et qui n’a jamais fait preuve d’une grande fermeté, Poutine a pu pousser ses pions. Jusqu’à quand ? »

Devait-il le dire ?

A la Une également, ce livre qui sort demain en librairie, intitulé Un président ne devrait pas dire ça, un livre signé... François Hollande ! Et dont les bonnes feuilles font déjà le buzz.

Il s’agit d’un livre d’entretiens que le président a accordés à deux journalistes du Monde. Au total une centaine d’heures d’interviews réalisées en 61 séances… Le Parisien a pu se procurer l’ouvrage. « Hollande, confidences explosives », titre le journal.

« Au-delà des phrases chocs qui feront les délices des réseaux sociaux, nous voilà branchés sur le cerveau de François Hollande, relate Le Parisien, conduits au cœur des coulisses du pouvoir. On découvre le drame de ce président si impopulaire, incapable de parler aux Français. Sa hantise ? Qu’il ne reste rien de son mandat. Il livre ce qui pourrait être son épitaphe : “J’aimerais que l’on dise de moi, puisque c’est la vérité, que j’ai été courageux”. Force est de constater que son mandat fut un calvaire, pointe Le Parisien. Une malédiction ? “Oui, c’est vrai”, souffle-t-il. Son père Georges l’avait prévenu au soir de son élection : “Tu vas avoir plein d’ennuis”. Nicolas Sarkozy aussi : “Tu verras, c’est dur”. Le plus violent, au-delà des attentats qui ont foudroyé ceux qu’il appelle avec douceur ses “enfants”, au-delà de l’ouragan personnel qui a ravagé son image, ce fut la trahison. Celle de Jérôme Cahuzac. Celle d’Emmanuel Macron. On découvre un homme terriblement seul en son palais, qui passe ses soirées devant un plateau-repas. “Je suis le spectre de l’Elysée”, rit-il. Jaune. »

Commentaire du Parisien : « mais quel besoin François Hollande avait-il de passer à confesse ? Parce qu’il veut laisser une trace. C’est sans doute pour rétablir sa vérité, avant 2017, que François Hollande s’est confié […]. Une stratégie risquée. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.