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Invité Afrique

L’UA en sommet à Lomé contre la piraterie maritime: éclairages de R. Dussey

Audio 05:17
Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo.
Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo. http://robertdussey.com

Les dirigeants de l'Union africaine sont réunis ce samedi 15 octobre à Lomé pour parler de sécurité en mer. Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent signer une charte contraignante pour lutter notamment contre la piraterie dans le golfe de Guinée. Pour en parler, RFI reçoit le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey. 

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RFI : Monsieur le ministre, ce sommet fait écho à un autre grand rendez-vous qui avait eu lieu il y a trois ans au Cameroun, mais depuis on observe peu d’avancées concrètes. Pourquoi ?

Robert Dussey : D’abord il faut souligner qu’à Yaoundé c’était un sommet sur la piraterie maritime qui regroupait les pays d’Afrique centrale, de la commission du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest. Ici c’est un sommet de l’Union africaine et je note que c’est la première fois que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine se réunissent. Et dans l’ordre de ce sommet il y aura des questions qui seront discutées comme celles qui touche à la piraterie, à la pêche illégale à la pollution marine, aux trafics de tous genres, etc. Disons que ce sommet est une continuité du sommet de Yaoundé.

Et comment s’assurer que cette fois-ci il y aura d’avantage d’avancées et qu’il y aura des progrès concrets ?

Je crois qu’il faudrait noter que Yaoundé a fait beaucoup, nous a permis de prendre conscience tous sur le continent africain des problèmes liés à la mer et aux océans. Il y a eu beaucoup d’efforts qui ont été faits, particulièrement dans le domaine du partage d’information. Donc c’est un effort réel. Nous connaissons les limites du sommet de Yaoundé, mais nous disons que par ce sommet on peut essayer de tirer des leçons de Yaoundé et poser des jalons qui vont permettre aux populations africaines de tirer profit des mers et des océans qui entourent le continent africain.

Alors quelles leçons, par exemple ?

Dans la mise en œuvre des décisions de Yaoundé, nous avions beaucoup de difficulté à mobiliser des fonds pour le fonctionnement, non seulement du centre et même des décisions en général dans chacun de nos pays. Vous verrez que dans les décisions qui seront annoncées aujourd’hui par les chefs d’Etat et de gouvernement à la fin du sommet, il y aura une mise en œuvre, il y aura une possibilité de créer un fonds pour permettre au continent africain de résoudre les problèmes liés à la mer.

Le manque de moyens c’est effectivement un des points faibles. Ce qui fait aussi défaut parfois c’est la coordination, vous en parliez. Contrairement à ce qui se passait au large des côtes de Somalie, les pirates dans le Golfe de Guinée attaquent assez près des côtes, donc dans les eaux territoriales. Comment faire pour que les pays de la région travaillent d’avantage ensemble ?

Beaucoup d’efforts ont été faits, il faut le reconnaître, le partage d’information est réel. Mais l’une des faiblesses du système aujourd’hui c’est qu’il y a très peu de pays qui ont une marine forte. Il y a très peu de pays qui ont investi dans le corps de la Marine. Donc quand on vous signale qu’il y a des pirates et vous n’avez pas le moyen de les poursuivre, vous n’avez pas les moyens.
Ce qui manque en fait c’est parfois une volonté politique réelle pour donner des moyens aux marines nationales de défendre et de protéger les côtes... Quand vous avez une attaque des pirates dans un pays voisin du Togo, ..., si la marine togolaise a les moyens de poursuivre, une fois qu’elle a l’information, elle peut demander l’autorisation du pays pour poursuivre. Ce qui ne se faisait pas avant parce qu’il y a tout un problème lié à la délimitation des frontières maritimes.

Vous parliez de coopération entre Etats et de la possibilité de poursuivre un bateau des eaux territoriales d’un pays à un autre. Est-ce que ça c’est un point sur lequel tous les pays sont d’accord ?

Les pays bien sûr sont d’accord. C’est d’ailleurs pour cette raison que la charte de Lomé sera adoptée tout à l’heure. Vous savez, il y a des questions de souveraineté nationale, mais devant le danger qui n’est plus un danger national, mais un danger régional, les pays savent qu’il faut travailler ensemble. C’est ça qu’il faut encourager. Ce qui est important aujourd’hui c’est que les pays africains puissent se donner les moyens financiers pour assurer leur défense par la mer.

Vous parliez du manque de capacité militaire. Est-ce que cela signifie qu’il faudrait que la communauté internationale s’implique d’avantage aux côtés des pays africains qui sont concernés ?

Oui, je le pense. De toutes les façons, dans le monde dans lequel nous sommes aujourd’hui, il est important que nous nous ouvrions aux autres. Et dans le travail qui est fait – qui a été fait, qui est fait et qui est en cours-, il y a une grande implication de la communauté internationale, pas seulement dans le Golfe d’Aden, et je crois que nous avons besoin de l’appui de la communauté internationale.
Mais ce qui est important, c’est de ne pas attendre que la communauté internationale vienne trouver des solutions aux problèmes africains. Il faudrait que les Africains nous-mêmes nous trouvions ces solutions. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Togo n’a pas hésité à inscrire à l’ordre du jour ce thème, pour aujourd’hui discuter lors de ce sommet et arriver à l’adoption d’une charte que nous pensons indispensable et importante pour le continent africain.

La plupart des personnes avec qui nous avons parlé et les analystes disent que la principale cause de la piraterie, c’est avant tout la pauvreté. Est-ce que des mesures sont prises pour s’attaquer aux problèmes « à la source » ?

Je pense que les mesures sont prises. Mais il ne faut pas perdre de vue que la question de la piraterie touche plusieurs pays et chaque pays a sa politique nationale pour aider ou faire sortir les jeunes du chômage, etc.

 

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