Revue de presse française

A la Une: la bataille de Mossoul

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AFP

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Les forces de la coalition sont massées notamment à Qayyarah, libérée des griffes de Daech l’été dernier. « Qayyarah, dernier verrou stratégique avant Mossoul », relève Le Figaro. L’envoyé spécial du journal raconte : « avant de s’enfuir, les combattants de Daech ont incendié les installations pétrolières. Et les puits continuent de se consumer. Des hommes s’en approchent et s’enfuient comme on le ferait auprès d’une mer déchaînée. Impossible d’éteindre ces cratères artificiels. Les combattants de Daech se trouvent à 6 kilomètres, dans le village d’al-Houdh, et bombardent régulièrement le nord de la ville à coups de mortier. (…) Étouffée par les volutes de fumée noire, plongée dans l’obscurité, Qayyarah la goudronneuse brûle sans se consumer, tel un volcan. Ces derniers jours, les renforts s’y sont massés en prévision de l’offensive imminente sur Mossoul, bataille décisive dans la guerre contre Daech. La victoire de la coalition à Qarrayah a laissé un goût âcre, malgré sa libération de la terrible emprise des djihadistes… Comme un prélude aux épreuves qui attendent la population de Mossoul. »

En effet, pointe Libération, « maintes fois annoncée, l’offensive pour reprendre la ville, la deuxième d’Irak et le fief le plus important de l’Etat islamique, semble cette fois imminente. 'Tous les préparatifs pour la bataille en vue de libérer Mossoul ont été achevés. Il est temps que la libération commence', a déclaré samedi le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Massoud Barzani.Depuis des semaines, constate Libération, des dizaines de milliers de combattants - forces spéciales et soldats irakiens, peshmergas kurdes, miliciens chiites et sunnites, commandos occidentaux - se pressent autour la ville. Ils sont au nord, à l’est et au sud, parfois à moins de 15 km. Les avions de la coalition internationale enchaînent les raids, bombardent, éliminent des chefs djihadistes et détruisent des fabriques d’explosifs artisanaux. L’heure est à l’assaut terrestre. Une première offensive devait être lancée ce lundi matin dans les environs de Khazir, à l’est de Mossoul, selon des officiels kurdes. Une fois les villages de la plaine de Ninive repris, le siège de Mossoul pourra débuter. »

Vers une catastrophe humanitaire ?

Alors, prendre Mossoul et ensuite ? Pour la chercheuse Loulouwa al-Rachid, interrogée par Libération, la prise de Mossoul ne fait aucun doute vu le déséquilibre des forces en présence. Mais la suite est source d’inquiétudes : les conséquences humanitaires s’annoncent désastreuses et rien ne prouve que l’EI ne se reconstruira pas ailleurs.
« Le gouvernement irakien n’a pas de plan pour le jour d’après, celui où Mossoul sera repris, précise Loulouwa al-Rachid. Il ne sait pas quoi faire, hormis tenter de rétablir un statu quo ante. Il tentera de placer un gouverneur docile et de déléguer ce qu’il peut à des milices tribales et à ceux qui seront là. » Et puis sur le plan humanitaire, on peut craindre le pire, poursuit la chercheuse irakienne : « envisager de donner l’assaut à une ville de un million et demi d’habitants ne pose de problèmes à personne, ni au sein de la coalition internationale ni côté irakien, soupire-t-elle. Les préparatifs pour soi-disant parer la catastrophe humanitaire et l’afflux de réfugiés sont grotesques. Les moyens sont totalement insuffisants par rapport aux besoins. »

Enfin, à la question « que deviendrait l’EI après Mossoul ? », Loulouwa al-Rachid répond : « ses hommes pourraient se retirer dans un premier temps vers Raqqa, en Syrie, ou s’évaporer dans la région. Mais même une fois la formation pulvérisée, si les problèmes ne sont pas réglés, un nouvel avatar clandestin peut réapparaître, plus violent et plus vengeur. »

Des inquiétudes relayées par La Croix… « Perspective affligeante, pointe le quotidien catholique, Mossoul connaîtra peut-être un sort voisin de celui d’Alep, entre siège et bombardements. Sauf que cette fois, les pays occidentaux seront du côté des assaillants… La chute de Mossoul, en outre, ne résoudra pas tout, constate aussi La Croix. Daech conservera une capacité de nuire à partir d’autres fiefs. Et la ville va devenir l’enjeu de nouvelles rivalités. Elle se trouve en effet dans une région ethniquement hétérogène, dont les habitants sont arabes, kurdes, turkmènes notamment. Elle est à la charnière des zones d’influence de l’Irak, de la Turquie et de l’Iran, avec Bagdad et Téhéran qui favorisent les musulmans chiites, et Ankara qui se voit en protectrice des sunnites. Quant aux chrétiens, pour ceux qui refusent l’exil, ils n’ont pas d’autre choix que d’incarner avec vaillance une aspiration à la paix et à la sécurité que domine encore trop souvent, chez leurs compatriotes, un désir de vengeance. Daech aura vraiment perdu le jour où les Irakiens – et les puissances régionales – ne se feront plus la guerre. »

Hollande à Florange

A la Une également, retour à Florange pour François Hollande…
« Plus fragilisé que jamais, François Hollande se rend ce lundi à Florange, constate Le Figaro. Une visite rituelle pour le chef de l’État, qui, chaque année ou presque, entend vérifier sur place que les engagements pris en novembre 2012 par l’État et ArcelorMittal, et dont il s’est publiquement porté 'garant', sont tenus. »

« François Hollande de retour à Florange. Pour quoi faire ?, soupire L’Est Républicain. Et surtout, à quoi bon ? Jauger l’efficacité des mesures de compensation octroyées après la fermeture des hauts fourneaux ? (…) Libre au chef de l’Exécutif de s’inviter pour superviser le déroulé du planning. Après tout, ne s’y était-il pas engagé ? (…) Mais au-delà des postures, en quoi la présence d’un Président à ce point démonétisé peut-elle servir la cause d’un territoire éreinté par les marchands d’illusions ? »

En effet, pour L’Humanité, « Florange reste un symbole des promesses trahies (…) Ce voyage présidentiel sur les terres dévastées de la Lorraine industrieuse semble une visite de cimetière à la Toussaint. »

Le début de la fin pour Trump

« Donald Trump part en vrille », s’esbaudit Le Figaro. « Accusé de toutes parts, le candidat républicain s’enferre dans une campagne d’attaques outrancières autodestructrice. »

C’est ce que constatent aussi Les Echos… « Aujourd’hui, la perspective d’une victoire de Trump est de plus en plus éloignée, pointe le quotidien économique. Pas un jour ne passe sans qu’il ne perde au sein du camp républicain des appuis. Au contraire, les soutiens d’Hillary Clinton ne cessent de se renforcer comme en témoigne le dernier discours en sa faveur de Michelle Obama, extrêmement populaire. Il n’en demeure pas moins, tempèrent Les Echos, qu’à aucun moment Hillary Clinton n’a su bâtir autour de sa candidature un réel enthousiasme, comme a su le faire en 2008 Barack Obama. Elle est la candidate de la raison et non de la passion. Sa probable victoire pourrait être insuffisante pour assurer aux démocrates une majorité le 8 novembre prochain au Congrès. Avec le risque de voir une cohabitation entre la Maison-Blanche démocrate et un Parlement républicain déboucher sur une paralysie. Au moment où, plus que jamais, le monde a besoin d’une Amérique reprenant l’initiative. »

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