Accéder au contenu principal
Bonjour l'Europe

Un Irlandais jihadiste de l'EI au Moyen-Orient

Audio 03:35
Tanks irakiens au sud de Mossoul, le 31 octobre 2016.
Tanks irakiens au sud de Mossoul, le 31 octobre 2016. REUTERS
8 mn

Alors que les forces irakiennes progressent autour de Mossoul, les jihadistes tentent de freiner leur progression par des attaques suicides. Le groupe Etat islamique a revendiqué samedi 5 novembre la mort d’un de ses combattants venu d’Irlande. Un ressortissant irlandais dans les rangs des jihadistes au Moyen-Orient, c’est une première.

Publicité

avec notre correspondant à Dublin, Julien Lagache

Jusqu’à présent, les combattants européens du groupe EI venaient tous du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne ou de Belgique. C’est donc une première et une surprise en ce qui concerne l’Irlande, pays de forte tradition catholique où les musulmans ne représentent qu’1% de la population d’après le dernier recensement, soit à peine 50 000 personnes.

Et la communauté est particulièrement discrète. A tel point d’ailleurs que le médiateur pour la presse l’a récemment invitée à davantage s’exprimer et se manifester dans les médias et même à s’engager dans la société, notamment pour lutter contre les discriminations qui règnent en ces temps d’islamophobie en Europe. « Vous n’êtes pas des invités ici, vous êtes citoyens de plein droit », avait-t-il affirmé. C’est dire si le contraste entre cette situation et la mort d’un jihadiste irlandais revendiqué est énorme.

Abou Ousama al-Irelandi, alias Terence Kelly

Ce qui frappe dans le parcours de ce combattant de l’organisation Etat islamique, c’est que son profil était bien connu. Abou Ousama al-Irelandi, Terence Kelly de son vrai nom, est apparu en 2003 à la télévision dans une émission très regardée : on y apprenait que cet ancien enfant de chœur issu d’un quartier populaire de Dublin devenu infirmier, avait été arrêté et emprisonné huit mois en Arabie saoudite pour vente d’alcool.

C’est en prison qu’il se serait converti au wahabbisme et radicalisé avant de rentrer en Irlande où il a commencé à apparaître dans des médias. Il clamait alors son soutien à Oussama Ben Laden notamment. Terence Kelly s’est affiché à plusieurs reprises en compagnie de prédicateurs fondamentalistes. Il a voyagé puis est de nouveau revenu en Irlande en 2010 avec un discours encore plus extrême. A l’époque, il parlait de fonder un groupe de soutien à al-Qaïda, d’appliquer strictement la charia et d’exécuter les dealers de drogue dans le centre-ville de Dublin.

Brièvement arrêté en 2011 et questionné par la police pour des menaces à peine voilées contre Barack Obama alors attendu en visite officielle, il n’a jamais réellement été inquiété faute d’éléments pour l’inculper. Il a donc continué de parler à la presse et aller et venir librement y compris quand il a rejoint le groupe Etat islamique en Irak. 

La presse prudente, le conseil musuman iralandais «soulagé»

Les réactions à l’annonce de sa mort sont contrastées. Si la presse reste prudente sur la véracité de l’information, sur Twitter, on lit beaucoup de commentaires qui oscillent entre distance, incompréhension ou mépris affiché pour ce que Terrence Kelly représentait.

Il n'y a eu aucune réaction officielle pour l’instant sauf du côté de la communauté musulmane. Le président du Conseil musulman irlandais pour la paix et l’intégration s’est immédiatement dit « soulagé ». Pour lui, la mort de Terrence Kelly était « inévitable » mais elle met fin « aux menaces sérieuses contre l’Irlande » et il espère qu’il sera « le premier et le dernier kamikaze » venu d’Irlande.

Cependant le président du Conseil musulman irlandais s’interroge sur la liberté de mouvement dont a bénéficié le Dublinois, pourtant connu des services de police pour ses idées et ses projets. Un autre imam s’est aussi publiquement inquiété que l’ex-infirmier devenu jihadiste ait pu recruter des sympathisants avant de partir au Moyen-Orient.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.