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Bonjour l'Europe

La situation dans le Donbass en Ukraine: entretien avec le chef de l’OSCE

Audio 03:21
Un soldat ukrainien en faction dans une tranchée sur la ligne de front près de la petite ville d'Avdiivka, dans le Donbass.
Un soldat ukrainien en faction dans une tranchée sur la ligne de front près de la petite ville d'Avdiivka, dans le Donbass. AFP/Anatoli Stepanov
Par : Sébastien Gobert
7 mn

L'est de l'Ukraine est de nouveau sous les bombes. Les hostilités n'ont jamais cessé le long de la ligne de front, depuis le printemps 2014, mais ces dernières semaines, les observateurs recensent des milliers de violations du cessez-le-feu. Notre correspondant a rencontré Alexander Hug, le premier adjoint en chef de la mission d'observation de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe).

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Alexander Hug explique ces violences par des observations de terrain. C'est-à-dire que lui et les plus de 600 observateurs qu'il coordonne voient beaucoup d'armes et de l'artillerie lourde le long de la ligne de contact, selon la terminologie en vigueur. Des armes qui devraient être évacuées en arrière, selon les accords de paix de Minsk.

Il constate aussi que les positions ukrainiennes et séparatistes sont parfois très très proches, de 50 à 20 mètres d'écart. Alors évidemment, les tentations de se tirer dessus sont très fortes.

« Nous avons connu des hauts et des bas, mais le niveau de violences n'a jamais été aussi élevé cette année, de même que le nombre d'armes lourdes déployées. Il faut voir cela comme une spirale infernale. Un tir d'un côté appelle une riposte de l'autre. Cela engendre une escalade qui, en général, est très difficile à stopper. »

Y a-t-il une raison particulière à cette utilisation active des armes lourdes ?

C'est la limite du mandat de l'OSCE. Alexander Hug refuse à faire des spéculations politiques. Il veut rester neutre, et n'accuser aucune des parties en présence pour pouvoir continuer à travailler des deux côtés. Depuis des mois, la présence de l'armée russe dans le Donbass n'est plus trop contestable. Selon lui, il n'y a pas de preuves concluantes de l'implication directe de la Russie. L'OSCE est très critiquée en Ukraine pour cela, mais c'est une des garanties de sa mission.

Les seuls éléments qu'Alexander Hug constate publiquement, c'est que ses observateurs sont régulièrement bloqués dans leurs patrouilles, la plupart du temps côté séparatiste. Et quand ils ne peuvent accéder à une zone, c'est précisément de là que viennent les tirs d'artillerie. Et ça, personne ne peut les empêcher.

Y a-t-il une issue à ce conflit ?

Alexander Hug y croit. Il parle d'instaurer un climat de confiance entre les parties afin d'assurer une médiation. Il a vu que les bombardements pouvaient passer de plusieurs milliers à 0 en une nuit, quand l'ordre en était donné. Il y a aussi des raisons d'espérer quant à la nature du conflit.

« Je n'ai pas rencontré un seul civil dans ce conflit qui ne voulait pas en finir immédiatement avec ces combats. Ils se sentent tous Ukrainiens. Des milliers de personnes traversent la ligne de contact chaque jour, c'est encourageant. Cela veut dire que ce n'est pas "nous contre eux". La séparation est artificielle. Mais la priorité des négociations de paix, c'est que les combats s'arrêtent. »

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