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Revue de presse Afrique

Hollande: un président africain n’aurait pas fait ça

Audio 04:20
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Pris de court par cette annonce surprise du président français, qui renonce donc à briguer un second mandat – une première pour un chef de l’Etat sortant dans l’histoire de la cinquième République -, rarissimes sont, ce matin, les journaux africains qui se risquent déjà au moindre commentaire.

Ce qui rend d’autant plus méritoire le réflexe de ceux qui ont su réagir à cette annonce. C’est le cas du journal guinéen Le Djély, qui se demande « qu’en penser en Afrique ». D’entrée de jeu, ce confrère souligne que le président français a lui-même évoqué deux qualités « qui risquent de faire tilt dans l’appréciation que les Africains pourraient avoir de sa décision. Il s’agit de l’humilité et de la lucidité. A cela, les Africains devraient rajouter le réalisme et inviter leurs dirigeants à s’en inspirer, sermonne Le Djély. Parce qu’en Afrique, on a des dirigeants cumulards de plusieurs dizaines d’années au pouvoir, qui bien que conscients de leur impopularité et de leur incapacité à apporter du neuf dans le quotidien de leurs compatriotes, demeurent désespérément accrochés à leurs fauteuils. Au risque de provoquer des conflits dévastateurs. De ce point de vue, le choix opéré par François Hollande est un geste de classe que beaucoup de ses homologues africains gagneraient à plagier sans aucune gêne », énonce encore ce journal guinéen.

Et puis ce confrère rend hommage aux décisions de François Hollande d’envoyer des troupes au Mali et en Centrafrique. Selon Le Djély, le Mali serait probablement un « vaste califat ou des criminels de tout acabit, instrumentalisant l’islam, seraient encore en train de soumettre les femmes au nom de l’obscurantisme » sans la décision de François Hollande de déclencher l’opération militaire française « Serval » le 11 janvier 2013. Quant à la Centrafrique, « nul ne sait ce qui serait advenu du pays, avec les sanglants affrontements entre Seleka et anti-balaka » sans l’opération « Sangaris ». Et ce même si, admet Le Djély, certains y voient toujours « la survivance d’une Françafrique décidément immortelle ».

« Hollande jette l’éponge », lance La Gazette en Côte d’Ivoire. Et pour ce journal, c’est un « séisme politique ». De son côté, Maghreb Emergent, estime que ce renoncement de François Hollande à briguer sa propre succession « rebat les cartes de l’élection présidentielle de mai prochain, et redonne une ultime chance à son camp politique la gauche de s’inventer un rebond politique dans l’opinion ». Toutefois, modère ce journal, « tout cela menace de ne pas suffire pour éviter le scénario redouté d’un second tour entre Marine Le Pen et François Fillon », anticipe et redoute Maghreb Emergent.

Sow : l’homme de glaise

Et puis la presse rend hommage au sculpteur sénégalais Ousmane Sow, disparu à l’âge de 81 ans. « Un géant s’en va », lance le quotidien sénégalais EnQuête, à « la Une » duquel l’artiste, en pleine création, s’affaire sur une de ses œuvres. Ousmane Sow s’en est allé, mais ses œuvres, justement, « vont le rendre immortel », prophétise ce journal, dans les colonnes duquel plusieurs artistes, écrivains et critiques d’art rendent hommage, qui au « grand baobab », qui au « monument qui s’est effondré ».

Pour L’Observateur Paalga, Ousmane Sow était « immense, comme ses sculptures ». Et ce que ce quotidien ouagalais tient à souligner, c’est ce qui fut, selon lui, « l’ultime source de satisfaction » de l’artiste disparu, celle d’avoir été le « premier noir à faire son entrée à l’Académie des Beaux-Arts, comme avant lui un autre Africain, Léopold Sédar Senghor (était) entré sous la Coupole ».

En France, le journal Libération salue l’œuvre « riche et humaniste » laissée derrière lui par l’artiste disparu. Car Libé y voit la « volonté de l’homme contre l’asservissement ».

De son côté, Le Figaro, sur une page entière, rend aussi hommage à ce « géant de Dakar » que vient d’abattre la camarde. Selon ce quotidien orfèvre en matière d’art, Ousmane Sow était une « sculpture vivante », c’était un « un disciple de Bourdelle », c’était un « géant de l’art africain [qui] en imposait par sa présence calme et sa majesté ». Dans Le Figaro, l’artiste niçois Ernest Pignon-Ernest dit son admiration pour la sculpture d’Ousmane Sow, qui, selon lui, « venait clairement d’ailleurs (…) Ousmane arrivait d’un autre monde ». Il y est retourné, qu’il y demeure en paix…

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