Invité Afrique

K. Bonneau: le procès Ongwen est «indispensable pour les millions de victimes au nord de l’Ouganda»

Audio 05:22
Dominic Ongwen, l'ex-chef de la LRA, devant la Cour pénale internationale à La Haye, lors de l'audience de confirmation des charges le 21 janvier 2016.
Dominic Ongwen, l'ex-chef de la LRA, devant la Cour pénale internationale à La Haye, lors de l'audience de confirmation des charges le 21 janvier 2016. REUTERS/Michael Kooren

Ce mardi 6 décembre, s’ouvre devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, le procès de Dominic Ongwen, l’un des principaux chefs de la rébellion ougandaise de la LRA. L’Armée de résistance du Seigneur voulait chasser le président Museveni du pouvoir, pour mettre en place un régime basé sur les 10 commandements de la Bible. Après avoir sévi au nord de l’Ouganda, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, la LRA s’est désormais installée dans le sud-est de la Centrafrique, et bien que considérablement affaiblie, y commet encore des exactions contre les civils. Son chef, Jospeh Kony, est toujours en fuite. Dominic Ongwen sera notamment jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Karine Bonneau est responsable du bureau Justice internationale à la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), elle répond aux questions de Carine Frenk.

Publicité

« Dominic Ongwen est jugé aujourd’hui par la Cour pénale internationale pour avoir, au sein de la LRA, donné des ordres aux troupes de ce mouvement, pour commettre des crimes contre l’humanité, pour ordonner des attaques des camps de déplacés, également pour avoir ordonné le viol systématique des femmes, des petites filles et souvent aussi des petits garçons. Pour avoir ordonné que les jeunes garçons, même à partir de 9 ans, soient enlevés et ramenés pour servir dans les troupes de la LRA. […] Il n’y a absolument aucun doute qu’il s’agit de crimes contre l’humanité. Que Dominic Ongwen avait un vrai plan, une vraie politique d’extermination, de viols, de mariages forcés, d’enlèvement des enfants soldats. Donc, effectivement, c’est un procès qui doit être devant la Cour pénal internationale, parce qu’il n’y a rien qui est fait au niveau de l’Ouganda. C’est absolument un procès indispensable pour les millions de victimes aujourd’hui au nord de l’Ouganda, qui n’ont jamais eu justice. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail