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Niamien N'Goran (PDCI): les législatives en Côte d'Ivoire «s'annoncent bien pour le RHDP»

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Henri Konan Bédié entouré des membres du comité exécutif du PDCI lors du 12e congrès, en 2013.
Henri Konan Bédié entouré des membres du comité exécutif du PDCI lors du 12e congrès, en 2013. AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Ce mercredi 7 décembre, suite de notre série d’interviews consacrées à quelques figures emblématiques de l’opposition et de la majorité ivoiriennes, qui vont se disputer les 255 sièges de la future Assemblée nationale le 18 décembre prochain. Beaucoup de candidatures indépendantes, l’opposition du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, qui, pour la première fois depuis 2010, participe au scrutin et une majorité présidentielle, le RHDP. Une coalition qui connaît quelques soubresauts, puisque deux des cinq partis ont fait sécession pour ce scrutin, préférant garder leur bannière UPCI et UDPCI. Reste que les deux principaux partis, le RDR d’Alasanne Ouattara et le PDCI d’Henri Konan Bédié s’en tiennent à la ligne définie par leurs chefs. Niamien N'Goran, ancien ministre des Finances et président du bureau politique du PDCI, est notre invité. Il est lui-même candidat à Daoukro, le fief d’Henri Konan Bédié, dont il est l’un des neveux.

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RFI : Comment s’annoncent les législatives de cette année 2016 ?

Niamien N’Goran : Elles s’annoncent bien pour notre groupement politique, le RHDP. Moi-même je suis un cadre du PDCI. Et nous allons en RHDP, cela veut dire qu'il y a le PDCI, le RDR et il y a le MFA [Mouvement des forces d'avenir].

Il n’y a plus l’UDPCI et il n’y a plus l’UPCI ?

Non, parce qu’on a eu des discussions. Ils n’ont pas voulu conclure et aller en RHDP alors qu’on avait convenu de cela. On a toujours travaillé ensemble.

Justement, ce coup d’éclat, si l'on peut dire, de l’UDPCI et de l’UPCI, c’est pour une question de répartition de sièges ? Ils n’étaient pas contents du nombre de sièges qu’on leur attribuait au sein du RHDP ? Ce problème-là pour l’UDPCI comme pour l’UPCI, est-ce qu'il ne risque pas de vous jouer des tours à vous, RHDP, au cours de ces législatives ?

Non, je crois qu’il faut garder la sérénité. Nous déplorons évidemment cette situation, mais nous qui sommes investis et qui allons défendre les couleurs du RHDP, nous allons tout faire sur le terrain pour rencontrer nos électeurs parce que notre majorité est réelle. Cette majorité existe et nous avons fait un travail de fond pour sélectionner les bons candidats pour que nous puissions remporter ces élections.

Toujours est-il que cette répartition des postes a créé nécessairement des frustrations. Il y a eu des désistements des uns au profit d’autres et inversement. Est-ce que vous ne craigniez pas que ces frustrations se symbolisent ou s’incarnent le jour du vote par un vote contestataire, un vote hostile justement ?

Nous sommes déjà sur le terrain pour expliquer pourquoi ces choix ont été opérés au niveau des personnalités qui ont été choisies. Nous allons expliquer cela. Et cette ligne-là doit être respectée par tous. Après le débat, quand il y a eu le débat interne, on doit pouvoir respecter cette ligne.

Mais ils disent qu’il n’y a pas eu de débat ?

Il y a eu des débats.

Ça, ça ne va pas vous jouer des tours pour ces législatives ?

Non, non. Moi, je suis confiant. Le terrain nous le dira. Nous nous donnons rendez-vous. Je ne pense pas parce que nos militants regardent, ils sont habitués. Ils sont disciplinés nos militants, ça c’est le débat qui se fait au niveau, permettez-moi, des intellectuels, mais au niveau de la base, elle sait où se trouvent ses intérêts. Et la base sait que les candidats qui ont été investis par le RHDP vont pour pouvoir gagner et appliquer le programme que le président de la République a proposé et pour lequel il a été plébiscité. C’est ça qui va faire la différence. Le bilan du président de la République nous sert beaucoup parce qu’il faut regarder la situation que nous connaissons avant que le président Alassane Ouattara n’arrive aux affaires, et celle que nous connaissions auparavant, je crois que cela plaide pour nous. En plus de cela, il y a le fait que le quotient personnel des personnalités qui ont été désignées au niveau de leur circonscription respective. Ces personnalités vont nous ramener la victoire, moi j’en suis convaincu.

En-dehors de votre propre élection, un bon résultat pour le RHDP le 19 décembre, ce serait combien de postes, combien de sièges sur les 255 ?

On n’aura pas les 255 pour la raison très simple que nous n’avons pas, par exemple dans le Tonkpi, présenté de candidat parce que c’est la zone de l’UDPCI. Donc on n’a pas présenté de candidat. Il y a certaines zones où il y a des indépendants qui sont en fait en réalité avec nous, dans la région par exemple d’Agboville. Sur les 255, je n’ai pas la boule de cristal, mais nous aurons la majorité nécessaire pour gouverner. Il faut que cette majorité soit très forte.

Une question plus personnelle : on évoque souvent notre nom comme un futur potentiel Premier ministre dans le prochain gouvernement. Cela vous tente ?

Ça dépend du président de la République, son excellence Alassane Ouattara, et certainement du président du présidium des partis membres du RHDP. Ca dépend de comment ils perçoivent Niamien N’Goran. Donc ça ne dépend pas de moi. Mais pour l’instant, la priorité du moment, c’est que je sois élu et plébiscité à Daoukro.

Mais dans la perspective d’un vaste remaniement qui irait jusqu’au vice-président, puisqu’on attend également le vice-président, et donc un nouveau Premier ministre peut-être, vous vous verriez jouer un rôle un peu plus important que celui que vous avez à l’heure actuelle ?

Si tant est que les plus hautes autorités, à commencer par son excellence le président de la République, me font confiance, pourquoi pas ?

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