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Revue de presse Afrique

A la Une: liberté pour Ahmed Abba!

Audio 03:59
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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« Insupportable », c’est ainsi que la direction de RFI qualifie la détention arbitraire d’Ahmed Abba, le correspondant de RFI en langue haoussa au Cameroun, détenu depuis le 30 juillet 2015 et dont le procès devrait reprendre le 4 janvier.

Hier mercredi, pointe Le Monde Afrique, « à l’issue d’une nouvelle audience devant un tribunal militaire à Yaoundé, la radio publique française, très écoutée en Afrique, espérait la relaxe d’Ahmed Abba, poursuivi pour complicité et non-dénonciation d’actes de terrorisme dans le cadre de son travail de journaliste sur les djihadistes nigérians de Boko Haram, actifs dans le nord du Cameroun. »

Il n’en a rien été… « S’il est maintenu en prison, c’est parce que “les experts chargés d’analyser ses ordinateurs et téléphones n’ont pas rendu le rapport que le président du tribunal leur avait commandé le 19 octobre”, a déploré la direction de RFI », interrogé par Le Monde Afrique. « Le tribunal avait demandé à deux experts de produire d’ici à mercredi un rapport sur le matériel saisi chez le journaliste après son interpellation, mais aucun ne s’est présenté au tribunal, a confirmé l’un des deux avocats de l’accusé. Le matériel saisi chez le journaliste “ne contient aucune preuve, puisque les enquêteurs l’ont déjà largement fouillé”, a affirmé la direction de RFI, pour qui le dossier “s’est vidé de toute substance au fil des audiences”. »

Et Le Monde Afrique de rappeler que « Ahmed Abba, qui a toujours clamé son innocence, risque la peine de mort, peine prévue par une loi controversée de lutte contre le terrorisme en vigueur depuis la fin 2014. »

Rien n’y fait…

« Trop c’est trop ! », s’exclame le site d’information Guinée Conakry Infos. « Malgré toutes les démarches de ses avocats, les interventions de son employeur RFI, dont les premiers responsables sont régulièrement montés au créneau pour regretter, dénoncer et condamner ; tout en exigeant que le droit soit dit, rien n’y fait… Le tribunal militaire s’accroche, déplore le site guinéen, et poursuit ainsi depuis 17 mois, un professionnel des médias dont le tort est certainement d’avoir pu par la force de ses relations obtenir des informations confidentielles que sa déontologie, son éthique le condamnent à protéger. »

Guinée Conakry Infos poursuit : « c’est aussi le lieu de fustiger une certaine frilosité des médias africains, qui ne se sont pas sérieusement emparés de ce scandale, comme s’il y avait une certaine gêne à défendre un journaliste accusé de “complicité avec les terroristes”, quand les preuves ne sont pas établies. Un épouvantail que les autorités militaires et politiques camerounaises ne pourront pas éternellement agiter pour se donner l’illusion d’avoir raison… La libération d’Ahmed Abba est désormais impérative. »

Un dossier vide

« Liberté pour notre confrère Ahmed Abba ! », renchérit le quotidien Aujourd’hui à Ouaga. « Arrêté et torturé à sa sortie d’une conférence de presse, le 30 juillet 2015, Ahmed Abba, du fond de sa cellule, se demande toujours quel crime il a commis pour mériter pareil traitement, sauf d’avoir fait son boulot. »

Et le quotidien ouagalais de hausser le ton également : « 10 renvois ! Hier, après l’expéditive audience de 10 minutes, cela a fait le 10ème renvoi de ce dossier plus que brûlant entre les mains de la justice camerounaise. Que peuvent faire les juges en effet, si le commissaire du gouvernement reconnaît que les fameux témoins qui devaient apporter la preuve de sa culpabilité n’existent pas ? De ses supposés accointances avec Boko Haram, point de preuve ! […] De nomination en annulation d’experts en cybercriminalité, le tribunal achève de convaincre que le dossier est vide […]. Quel expert peut, d’ici au 4 janvier 2017, trouver des indices concordants, s’interroge Aujourd’hui, si depuis 17 mois, les juges, malgré leurs investigations à charge surtout, n’ont rien trouvé ? […] Il est à espérer, conclut le quotidien burkinabé, qu’au moins le 4 janvier prochain, le fameux rapport des experts soit bouclé, ne serait-ce que pour constater qu’il n’y a rien de consistant à reprocher au journaliste. Le cas échéant, les juges devraient accéder à la requête des avocats de la défense pour la relaxe pure et simple d’Ahmed Abba. »

 

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