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Revue de presse Afrique

A la Une : Gambie, douche froide sur la démocratie

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© AFP/Pius Utomi Ekpei

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C’est à un vrai emballement de l’actualité électorale en Gambie auquel il nous a été donné d’assister tard hier soir quand le président sortant Yahya Jammeh, qui avait pourtant, il y a pile huit jours, admis sa défaite dans les urnes lors de l’élection présidentielle du 1er décembre dernier, a déclaré à la télévision nationale que, finalement, il ne reconnaissait pas les résultats officiels de cette élection, selon lesquels l’opposant Adama Barrow était sorti vainqueur de la présidentielle.

Il va de soi que la presse africaine, depuis la nuit dernière, commence à se mettre au tempo de l’actualité à Banjul. Et c’est bien sûr de Dakar que nous parviennent les premières informations de presse.

C’est ainsi que le quotidien EnQuête raconte ce qu’il appelle « les coulisses de la volte-face de Jammeh ». Selon ce journal sénégalais, les « choses » se sont en fait accélérées « en début de semaine ». EnQuête affirme ainsi que, mardi, le chef de l’Etat sortant Yahya Jammeh a « forcé » le président de la Commission électorale à procéder à un nouveau décompte des votes, pour, écrit le confrère, « trouver la petite bête » dans les résultats proclamés.

Trouvée, la petite bête l’a été, puisque l’écart entre Barrow et Jammeh en faveur du premier a été ramené de 60 000 à 20 000 voix. Le propre des « petites bêtes » étant, justement, d’être petites, l’écart entre les deux candidats n'affectaient cependant pas les résultats officiels. Mais le lendemain, mercredi, toujours selon ce confrère dakarois, le responsable de la propagande du parti de Jammeh et son directeur de campagne Bala Garba Jahumpa ont « convoqué tous les commissaires de police, les chefs de secteur de la police secrète, les préfets et les chefs de district pour les obliger à faire un autre décompte qui donnerait la victoire à Jammeh. Le but étant d’introduire par la suite un recours auprès de la Cour suprême. A la suite de vifs échanges, tout ce beau monde a convenu qu’il était déjà trop tard de revenir en arrière, puisque Yahya Jammeh avait déjà accepté sa défaite et que Barrow a(vait) déjà le quitus de la communauté internationale », poursuit EnQuête.

Pendant ce temps, explique encore le journal, l’armée était divisée. Hier, Jammeh a de nouveau « convoqué l’ensemble des chefs de corps de l’armée ainsi que les renseignements généraux ». Les hommes de la garde présidentielle ont reçu l’ordre de « se tenir prêts à toute éventualité étant donné la réaction potentielle que pourrait provoquer la déclaration de Yahya Jammeh » le soir à la télévision, raconte donc EnQuête.

Sénégal : Jammeh dégage !

« Le Sénégal hausse le ton », lance en manchette EnQuête. Le ministre sénégalais des Affaires étrangères « Mankeur Ndiaye met en garde Yahya Jammeh et lui demande de quitter le pouvoir sans faire d’histoires », complète ce quotidien. « Le forcing de Yahya Jammeh vient de mettre le Sénégal et son gouvernement dans tous ses états, enchérit Senego. Aussitôt informé du coup de Jammeh, qui a réfuté la victoire de Barrow à la dernière minute,  le gouvernement du Sénégal s’est réuni en urgence. »

Ce site internet sénégalais rapporte la réaction de la chargée de communication du président Adama Barrow, Amina Coréa. Laquelle a déclaré à Senego que « le président proclamé élu Adama Barrow devait faire un discours à la télévision nationale gambienne ce matin mais à leur grande surprise, la télé a refusé la diffusion de cette allocution. Et dans l’après-midi, ils entendent que Jammeh va faire une déclaration », complète Senego.

On en est là… Quant au site d’information en ligne Senenews, il évoque un « énorme rebondissement ». Selon ce confrère dakarois, « Adama Barrow (qui) n’est pas encore officiellement intronisé, risque de voir son accession au pouvoir entachée par ce retour sur la scène politique de Yahya Jammeh ».

En France, le site Internet du journal Le Monde relaie aussi la condamnation de ce revirement par le Sénégal et souligne que cette annonce « bouleverse la situation en Gambie, où la population profitait d’une liberté inédite, à la perspective d’une alternance démocratique ». Le moins que l’on puisse dire…

« Football Leaks » : Pogba dribble le fisc

Suite du feuilleton « Football Leaks », avec, cette fois-ci, un nouveau joueur épinglé, un Français adulé en Afrique en général et en Guinée en particulier, Paul Pogba. Lequel est « attrapé à son tour », lance Le Parisien, après que le site Mediapart a mis en ligne des informations accablantes sur l’argent et les agents de la star, sous ce titre « Les paradis fiscaux de Paul Pogba ». Etant rappelé que ces informations sont réunies par pas moins de douze médias européens regroupés au sein d’un consortium de presse, l’EIC, acronyme de l’European Investigative Collaborations, avec, en tête de ce consortium, le journal allemand Der Spiegel, seul à être en contact directement avec « la source » qui a fourni les données, et, en France, le site d’informations en ligne Mediapart invite ses lecteurs à une visite très détaillée de ce qu’il appelle « les paradis fiscaux de Paul Pogba ».

Alors, forcément, le quotidien sportif L’Equipe ne pouvait pas être en reste. Et présente à son tour longuement les acteurs de ce nouvel épisode, avec un agent nommé « le pizzaiolo devenu roi », qui aurait gagné autant que la star quand le joueur français évoluait à la Juve, et un autre présenté comme « l’ancien mentor » de Pogba.

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