Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une: Yahya Jammeh s’accroche au pouvoir

Audio 04:17
© AFP/Pius Utomi Ekpei

Publicité

La presse ouest-africaine n’est guère étonnée et avait même prévenu en début de semaine dernière : Yahya Jammeh est imprévisible et un retournement de sa part ne serait guère surprenant.

Eh bien, elle avait vu juste, à l’instar du quotidien Enquête à Dakar : « il y a quelques jours, nous révélions le climat pesant qui régnait à Banjul depuis la défaite de Yahya Jammeh, qui n’a jamais donné l’impression de vouloir céder le pouvoir, malgré son coup de fil à Adama Barrow déclaré vainqueur de la Présidentielle du 1er décembre. Le scénario tant redouté en Gambie a finalement eu lieu. (…) Le dictateur Yahya Jammeh a fini par contester l’élection d’Adama Barrow à la tête de l’Etat gambien. »

Fait important, relève Le Point Afrique : « jeudi et vendredi, Yahya Jammeh a accordé des promotions à quelque 250 officiers et officiers supérieurs. Une manière de séduire une partie de l’armée dans, sans doute, son dessein de garder le pouvoir. »
Alors le coup de force de Jammeh va-t-il aboutir ? Peu probable, répond le site d’information Senego : « Yahya Jammeh est de plus en plus esseulé, certains de ses proches s’enfuient au Sénégal. En effet, cinq de ses ministres se sont réfugiés à Dakar depuis son revirement qui a en surpris plus d’un. » Qui plus est, poursuit Senego, « les déclarations à travers le monde ont le même contenu : celui de ramener Jammeh à la raison. »

En effet, pointe le site d’information Guinée Conakry Infos, « tour à tour, les grandes organisations africaines et internationales se sont prononcées pour fustiger l’attitude ô combien déplorable du leader gambien qui foule aux pieds, par ses récentes déclarations, toute la sympathie qu’il avait soulevée de par le monde depuis qu’il avait décidé de s’effacer devant le vote populaire et de se retirer dans son village pour s’occuper de questions champêtres. »

Quelles solutions ?

Pour Aujourd’hui au Burkina, « Un Ubu reste toujours un Ubu. (…) Et face au réveil du démon qui ne s’est pas jamais assoupi en Jammeh, des solutions rapides s’imposent afin de débarrasser la Gambie de cette interminable tyrannie. »
Tout d’abord, estime Aujourd’hui, « la communauté internationale doit vite circonscrire cette velléité yayamesque qui pourrait être un précédent dangereux dans cette Afrique qui tend vers un second printemps de la démocratie tel le cas du Ghana. » Ensuite, poursuit Aujourd’hui, il faut « faire comprendre à l’armée gambienne qu’elle est en train de filer un mauvais coton en poussant Jammeh à revenir sur le devant de la scène. Que ce dernier ait promu des militaires à des grades supérieurs ne change rien. L’armée doit rester neutre et républicaine et ne jamais perdre de vue qu’elle sert le peuple et non un tyran. (…) Enfin, conclut le quotidien burkinabé, il ne tient qu’au peuple gambien de chasser ce roi, qui non content d’avoir fait irruption dans la vie du pays s’y est maintenu pendant 22 ans, a martyrisé ses compatriotes, tué emprisonné, et contraint à l’exil bon nombreux d’entre eux. »

Capable de tout…

En tout cas, « la Gambie n’est pas sortie de l’auberge », s’exclame Le Pays, à Ouagadougou. « Il faut prendre le maître de Banjul au sérieux. Il est capable de tout, prévient le journal. C’est pourquoi il faut même craindre pour la sécurité du président élu dans un pays où les lubies du dictateur valent loi. De toute évidence, ce serait un grave précédent si après le cas burundais, la communauté internationale assistait impuissante à la forfaiture de Yahya Jammeh. Car plus que jamais, aucun satrape du continent, même battu dans les urnes, n’accepterait de quitter le pouvoir, Jammeh ayant montré la voie à suivre. »

Enfin, pour Ledjely.com en Guinée, par ce coup de force, Yahya Jammeh s’est encore plus discrédité : « quand, comme lui, on a régné sur son pays et ses compatriotes, en confisquant les libertés d’opinions et d’expression, en emprisonnant les opposants et en tuant les journalistes qui s’autorisaient une certaine audace, on n’a droit à aucune clémence, encore moins à de l’indulgence. La reddition des comptes, les dictateurs ne peuvent pas en être exempts. Eux encore moins que les autres. Cela, conclut Ledejely.com, il faut le marteler avec tout le courage requis. Pour que l’implacable vérité inspire d’autres apprentis-autocrates.»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.