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L’entrepreneuriat social en Afrique, un bilan mitigé selon Africa France

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Tunis. AfricaFrance s'est intéressé à l'entrepreneuriat social en Afrique et en a tiré des conclusions mitigées.
Tunis. AfricaFrance s'est intéressé à l'entrepreneuriat social en Afrique et en a tiré des conclusions mitigées. Getty Images/ Lubaib Gazir

Lancée lors du sommet de Bercy à Paris il y a exactement trois ans, l'association Africa France a pris son envol et est au travail depuis un an. Elle prépare une série de recommandations qui seront remises aux chefs d'Etats africains et français lors du sommet de Bamako, au mois de janvier prochain. Parmi les réflexions en cours, celles portant sur l'entrepreneuriat social.

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L’entrepreneuriat social est l’objet d’une grande vogue. Un groupe de travail de la fondation Africa France (Communauté associative des acteurs économiques africains et français) s’est penché sur ce phénomène et en a tiré des conclusions mitigées. Mais encore faut-il définir ce qu’est ce phénomène.

Dans le débat théorique en cours, le directeur général d’Africa France Jean-Michel Debrat considère naturellement que « l’emploi est le premier des critères pour promouvoir la croissance en Afrique. » Selon l’ancien directeur adjoint de l’Agence française de développement, « il y a par ailleurs la dimension classique de l’entrepreneuriat social qui consiste poursuivre des buts d’intérêt général au travers d’une activité d’entreprise rentable et pérenne » souligne-t-il.

Financer des investissements

Le groupe français Danone a dégagé un budget de 100 millions d’euros pour financer ses projets d’entrepreneuriat dans le monde. Une partie sert à financer des investissements en Afrique, notamment en Tunisie et au Maroc. « Ce fonds intervient dans l’aide à l’équipement des fermiers de manière à durablement les aider à augmenter la qualité et la quantité de leur production », explique Pierre-André Terris le directeur général pour l’Afrique de Danone.

L’enjeu est ainsi de développer la distribution dans des régions où elle n’existe pas. « Cela permet à la fois de donner un revenu et un emploi stable à des gens et en même temps si nous permettent à nous d’améliorer nos opérations », affirme Pierre-André Terris.

Une option qui reste intéressante

Mais il ne faut pas tomber dans un optimisme béat, selon Ludovic Centonze, directeur du projet Orange pour le développement. « Ce qui se passe sur le terrain en Afrique est très positif, mais il est vrai qu’il y a un effet de mode très important (…) autour du sujet de l’entrepreneuriat africain, souligne le dirigeant. Pour moi, cela a un côté positif, il y a de l’envie de faire des choses. Mais il peut y avoir un côté négatif qui [consiste à] faire croire que c’est le grand boom […]. Et en fait, les gens qui vont sur le terrain ensuite se rendent compte qu’il y a un décalage entre ce discours et une certaine réalité. Et il y a des déceptions », prévient Ludovic Centonze.

Il n’en demeure pas moins que l’entrepreneuriat social est une option intéressante pour des petites entreprises africaines auxquels le soutien des autorités locales fait souvent défaut. « En Afrique, les entrepreneurs vous disent « créer une entreprise ici, c’est déjà faire du social », rappelle Ludovic Centonze.

 

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