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Revue de presse Afrique

A la Une: Yahya Jammeh fait la sourde oreille

Audio 04:15
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Le président gambien, battu dans les urnes, ne veut rien entendre. Constat établi notamment par le quotidien Enquête à Dakar : « Yahya Jammeh n’a pas l’intention de faciliter la tâche à la mission de la Cédéao qui s’est rendue ce mardi à Banjul pour lui rappeler son engagement de rendre le pouvoir à son tombeur, Adama Barrow. Et le moins que l’on puisse dire, pointe le quotidien dakarois, c’est que le dictateur gambien a d’entrée de jeu envoyé des signaux clairs à ses hôtes du jour. »

« Lors de l’échange entre l’homme de Kanilai et les présidents Ellen Johnson Sirleaf du Liberia, Muhammadu Buhari du Nigeria, Ernest Bai Koroma de Sierra Leone et John Mahama du Ghana, il est rappelé à Yahya Jammeh qu’il doit assurer une transition pacifique au risque d’exposer son régime aux représailles de la Cédéao. Le dictateur gambien fait le sourd, relève Enquête, et explique qu’il tient les bases de sa contestation des résultats qu’il avait reconnus, et qu’il va introduire un recours à la Cour suprême. La délégation de chefs d’Etat prend acte et se retire. »

La Cour Suprême, une coquille vide ?

Alors, Yahya Jammeh a effectivement saisi la Cour suprême. Seulement voilà, cette Cour ne serait qu’une coquille vide… C’est du moins ce qu’affirme Walf Quotidien, toujours à Dakar : « Plusieurs sources concordantes gambiennes révèlent que cette Cour suprême n’existe plus, relève en effet le quotidien sénégalais. Yahya Jammeh l’a supprimée en 2015. Cette Cour n’a pas fonctionné depuis un an et il manque les quatre juges. »

Jeune Afrique, pour sa part, ne parle pas de suppression de la Cour suprême, mais confirme qu’elle n’est « plus au complet ». Et, poursuit Jeune Afrique, « désigner de nouveaux juges entraînerait inévitablement des délais supplémentaires, selon l’opposition, qui dénie de toute façon ce pouvoir au président sortant. Faute de juges pour siéger à la Cour suprême depuis mai 2015, il n’existe en Gambie aucun mécanisme légal légitime pour statuer sur le recours électoral du président sortant, a estimé lundi l’Ordre des avocats, appelant Yahya Jammeh à céder immédiatement le pouvoir. »

Quoi qu’il en soit, il y a « de quoi donner le tournis non seulement aux Gambiens mais aussi à toute la communauté internationale, s’exclame L’Observateur Paalga au Burkina. On savait le satrape de Banjul imprévisible, mais là il dépasse les bornes ! Même si le nouvel élu et ses compatriotes, ivres de joie après deux longues décennies de dictature, ont commis des maladresses et quelques écarts de langage au sujet de l’avenir judiciaire du trublion, cela ne saurait être une excuse absolutoire pour justifier son braquage électoral. En réalité, poursuit L’Observateur Paalga, on se demande si ce virage à 180 degrés ne procède pas d’une stratégie de la surenchère pour négocier une porte de sortie sans encombre. »

Gagner du temps ?

En effet, relève Le Point Afrique, « pour certains, Yahya Jammeh n’aurait pas accepté les déclarations du nouvel homme fort de la Gambie, Adama Barrow, sur la possibilité de poursuites à son encontre par la justice de son pays et aussi devant la Cour pénale internationale. N’aurait-il pas reçu assez d’assurances du nouveau pouvoir ? Yahya Jammeh voulait-il gagner du temps pour mettre sa famille à l'abri ?, s’interroge Le Point Afrique. Nul ne sait exactement comment on en est arrivé là. Une chose est sûre, la situation n’est pas pour rassurer les Gambiens qui, pour l’instant, sont restés calmes et n’ont pas manifesté depuis la dernière déclaration de Yahya Jammeh. »

Aujourd’hui au Burkina s’interroge également : « Comment sauver le soldat Yahya Jammeh qui a perdu la raison ? D’ailleurs, l’a-t-il jamais possédée en totalité, tout en préservant la Gambie des affres de violences post-électorales ? Lancinante problématique s’il en est. Personne ne sachant ce qui est dans la tête de l’ex-tourmenteur des Gambiens, il reste à deviner ses intentions, à anticiper et à lui proposer des solutions, mais surtout, à lui faire comprendre que sa démarche conduit à un cul-de-sac. En tous les cas, conclut Aujourd’hui, il faudra évacuer la question de la Gambie, au pire au plus tard, dans trois jours, c’est-à-dire, au lendemain de la conférence, des chefs d’Etat de la Cédéao. Laisser perdurer cette situation de ni pain ni mie, inscrit indubitablement le pays sur le chemin d’une crise, dont nul ne connaît l’issue. L’exemple de la Côte d’Ivoire est encore vivace. »

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