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La voiture sans chauffeur, la voiture de demain?

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Un prototype de la voiture autonome du géant de l'internet américain Google.
Un prototype de la voiture autonome du géant de l'internet américain Google. AFP/Google

La production en série de voitures sans chauffeur commencera vraisemblablement en 2021. Mais pour être au rendez-vous, dès cette année, les constructeurs, équipementiers, start-ups et géants du web et de la technologie ont multiplié les alliances.

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Des mouvements tous azimuts cette année, dans le secteur de la voiture autonome. BMW a formé en juin une alliance avec Intel et Mobileye qui est spécialisée dans les caméras et les logiciels pour le secteur auto. Renault Nissan a fait alliance avec Microsoft. Il développe aussi ses propres compétences. C'est dans ce cadre que le groupe a acquis la start-up française Sylpheo, spécialiste des données stockées sur le cloud.

Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé au début du mois la création d’une nouvelle entreprise « Waymo » pour développer ses équipements de voiture autonome, Google qui en parallèle a formé une alliance en mai avec Fiat Chrysler automobile. Uber a passé des accords de co-développement avec le suédois Volvo. Le mouvement avait été amorcé en 2015, avec cette alliance entre constructeurs-concurrents : Audi BMW et Daimler qui ont acheté Here, le site de cartographie concurrent de Google Maps.

Pourquoi ce développement soudain d’alliances ?

Les constructeurs qui ont d’abord traîné des pieds ont vu Tesla et Elon Musk avancer à pas de géants. Ils ont vu Google avancer en solo au début, car pour Google, c’est une poule aux œufs d’or. C'est ni plus ni moins le marché de la voiture de demain, qui fonctionnerait grâce à sa technologie, mais aussi le conducteur, qui aura les mains libres et qui n'aura plus à regarder la route, pourra surfer sur Google, et utiliser ses applications mobiles sur son téléphone.

Mais il y avait le risque pour les constructeurs que Google leur dise, pour schématiser : « nous avons toute la technologie, et c’est ce qui est le plus important, donc fournissez-nous la carrosserie, un moteur, des sièges et quatre roues et nous nous occupons du reste ». Donc les constructeurs rattrapent leur retard et investissent dans les technologies embarquées. Ces alliances permettent aussi aux constructeurs de rapatrier dans leur univers des ingénieurs et des connaissances qu’ils n’ont pas chez eux.

Enfin, en cas d’accident de voiture autonome, il y a plus de chance que la responsabilité du constructeur soit engagée. Donc le constructeur veut connaître toutes les lignes de code informatique qui seront dans ses véhicules.

Sur quoi portent les efforts de recherche de ces alliances concurrentes ?

Leurs efforts portent sur le lidar, ces capteurs lasers qui permettent à la voiture d’identifier tout ce qui l’entoure, un arbre ou une voiture qui pile. Et pour l’heure, ils sont très chers, compter plusieurs dizaines de milliers de dollars et sont aussi très volumineux.

De plus petits lidars, moins coûteux, sont en train d’être développés, notamment par Ford qui s’est associé au MIT. Il y a aussi Infineon, un fabricant de puces allemand qui a absorbé le néerlandais Innoluce en octobre. Il y a donc beaucoup de mouvements chez ces entreprises qui cherchent à miniaturiser ces capteurs lasers, qui auront d’autres applications notamment pour les drones, les avions de demain.

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