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Revue de presse Afrique

A la Une: flottement autour de l’accord du 31 décembre en RDC

Audio 04:20
© AFP/Pius Utomi Ekpei

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Valse-hésitation au sein de la majorité présidentielle (MP). Elle approuve l’accord politique signé le 31 décembre avec l’opposition, tout en y apportant des réserves.

Une ambiguïté qui n’a pas échappé au site d’information congolais 7 sur 7 : « après échange et débat, la majorité présidentielle s’est dit finalement satisfaite de la signature de l’accord. […] Néanmoins, elle déplore le déficit d’inclusivité découlant de la non-signature dudit accord par certaines forces politiques et sociales telles que le Front pour le respect de la Constitution ainsi que l’opposition politique et la société civile signataires de l’accord de la cité de l’Union africaine. Cette position officielle de la majorité présidentielle tranche avec celle prise hier on ne sait en quel titre par le secrétaire général adjoint de la Majorité et ministre de l’urbanisme Koko Nyangi. Ce dernier avait rejeté l’accord. Mais avait aussitôt été désavoué par le porte-parole du gouvernement Lambert Mende. Puis avait été recadré par le secrétaire général de la Cenco l’abbé Nshole qui avait qualifié ses propos de “distraction”. »

Torpiller l’accord ?

Alors, « quelle est vraiment la position de la majorité présidentielle ?, s’interroge Cas-Info, autre site d’information congolais. Ils sont peu nombreux les Congolais qui oseraient se prononcer aujourd’hui sur la réelle volonté de la MP de se mettre dans le sens de l’accord conclu le 31 décembre. […] Il faut dire, relève le site, que dans cette grande famille présidentielle, tout a été fait comme s’il avait été décidé de donner un rôle aux différents joueurs, dans le but inavoué de torpiller l’accord de la Cenco. Entre Koko Nyangi qui réclame un troisième dialogue, Lambert Mende qui appelle le chef de l’Etat et la Cenco à s’impliquer pour éviter que la “non inclusivité” ne gêne pas l’application de l’accord, et Aubin Minaku qui promet de respecter à la “lettre” l’accord, mais seulement les dispositions qui n’énervent pas la Constitution, difficile de savoir où mettre le pied. Une chose est sûre, conclut Cas-Infos. En prévoyant les élections en 2017 et en interdisant toute initiative de référendum pour changer la Constitution, l’accord de la Cenco signe la mort à petit feu du régime. »

Vers un échec ?

En effet, renchérit Le Pays au Burkina, « cette attitude de la MP n’est pas vraiment étonnante. Surtout quand on sait qu’avec la mise en œuvre de cet accord qui fait la part belle au nouveau Premier ministre qui disposera des pouvoirs les plus étendus, le président Kabila se trouvera dépouillé de certaines de ses prérogatives, malgré son maintien à la tête de l’Etat. On voyait donc la majorité venir. Manifestement, pointe encore Le Pays, son attitude n’est pas guidée par l’intérêt du peuple congolais, mais plutôt par ses intérêts et privilèges dont elle n’est pas prête à faire le deuil, au risque de torpiller un accord difficilement arraché entre les protagonistes, et qui était perçu comme celui de tous les espoirs. »
Et Le Pays de s’interroger : « s’achemine-t-on alors vers un échec de la médiation de la Conférence nationale épiscopale du Congo ? […] En tout état de cause, il appartient à l’Eglise catholique de maintenir la pression, estime le quotidien ouagalais, et de travailler à lever les éventuels obstacles à la conclusion de l’accord. Car, aujourd’hui encore, il apparaît comme la seule porte de sortie apaisée de cette crise. Et il faut éviter à tout prix qu’il ne capote, au risque qu’un tel échec ne mette le feu aux poudres. »

Une épreuve de plus pour Beni

Enfin, toujours à propos de la RDC, le site guinéen Ledjely.com s’attarde sur le martyr de la ville de Béni au nord-est du pays.

« Béni n’a décidément pas de chance, soupire Ledjely. Symbole de la criante démission des autorités congolaises et cristallisant les convoitises suscitées par les richesses de son sous-sol, la ville est depuis plus de deux ans le théâtre de récurrents massacres opérés par des milices étrangères et locales. Et son sort ne semble préoccuper ni la communauté internationale ni le gouvernement central de Kinshasa, plus occupé à échafauder les plans lui permettant de rester au pouvoir. Et voilà que le tableau est davantage assombri par l’effondrement lundi du très stratégique pont de Semliki, sur l’axe Beni-Kasindi à une vingtaine de kilomètres à l’est de la ville-martyr. » Ce pont était la principale voie de ravitaillement de la ville : « sa chute, conclut Ledjely.com, va accroitre la pression sur l’économie locale en entrainant une montée en flèche des prix des denrées essentielles. Un calvaire supplémentaire pour la population suffisamment pauvre et martyrisée. »

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