Aujourd'hui l'économie

Forte baisse du chômage en Espagne

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Pour la première fois, depuis six ans, le chômage passe sous la barre des 20%.
Pour la première fois, depuis six ans, le chômage passe sous la barre des 20%. Reuters/Juan Medina

Une embellie et de l'espoir pour les demandeurs d'emploi espagnols. Le chômage a baissé de 9,5% l'année dernière, soit 390 534 chômeurs de moins en un an. C'est la plus forte baisse jamais enregistrée, selon le ministère espagnol de l'Emploi.

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Il s'agit d'une baisse record pour l'Espagne, car c'est la plus importante de son histoire sur une année civile. Sur le seul mois de décembre, propice à un surcroît d'activité, la période des fêtes de fin d'année a permis près de 87 000 embauches supplémentaires. Plus globalement, c'est le secteur des services qui a généré le plus d'emploi et plus particulièrement les secteurs du tourisme et de l'hôtellerie.

L’Espagne a bénéficié de l'instabilité politique de certains pays méditerranéens. Inquiets les touristes ont préféré la destination Espagne. Avec plus de 70 millions de touristes, le pays a connu une année record. Autre secteur porteur : le bâtiment. Après la bulle immobilière et plusieurs années de crises dans ce secteur, la construction repart.

Pour la première fois, depuis six ans, le chômage passe sous la barre des 20%

Le pays revient de loin. Au plus fort de la crise, le taux de chômage en Espagne a atteint les 26%, l'un des plus forts des pays de la zone euro. Au troisième trimestre 2016, il est tombé à 18,9%, certes c'est nettement mieux, mais il reste bien supérieur à la moyenne de la zone euro qui se situe à un peu plus de 10%. Le taux de chômage espagnol est le deuxième plus élevé juste derrière celui de la Grèce. Si le chômage baisse depuis 2013, son recul demeure lent. Ce n'est donc pas encore la fin du tunnel.

Restent encore 4 millions d'Espagnols à la recherche d'un emploi, et l'économie du pays est loin d'être consolidée. Fortement frappée par la crise de 2008, l'économie espagnole a perdu près de 10% de son PIB. Dans ses prévisions le gouvernement table sur un taux de chômage à 13,8% d'ici deux ans. Pour parvenir à cet objectif, le chef du gouvernement Mariano Rajoy veut créer 500 000 emplois par an pour atteindre 20 millions de travailleurs d'ici 2020.

Malgré ces frémissements de reprise, les syndicats se disent inquiets

Selon eux ces chiffres cachent une importante précarité du côté des salariés. Les syndicats rappellent que 93% des embauches sont des contrats temporaires, le CDI ne semble plus être la règle. Par ailleurs ils notent que ces contrats concernent essentiellement des emplois peu qualifiés à forte rotation, en clair beaucoup de petits boulots mal payés sans sécurité.

De plus, ils observent une forte augmentation du nombre de travailleurs pauvres qui sont dans l’obligation d'exercer plusieurs emplois pour subsister. Mais pour le gouvernement, la mise en place de sa politique de flexibilisation du marché du travail a facilité l'accession des jeunes à l'emploi et aidé à la réinsertion des chômeurs.

Même si le chef du gouvernement entend s'appuyer sur la croissance économique soutenue de 3,2% annuels pour conduire le redressement politique du pays, il risque de disposer d'une faible marge de manœuvre, car il ne pourra s'exonérer des exigences de Bruxelles, qui lui demande 5 milliards et demi d'euros d'économie sur son budget 2017.

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