Chronique des médias

«First Draft News»: contre-offensive contre la fausse info

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De plus en plus, les médias et réseaux sociaux rejoignent des réseaux de fact checking pour vérifier les informations, échanger les connaissances et signaler les contenus douteux.
De plus en plus, les médias et réseaux sociaux rejoignent des réseaux de fact checking pour vérifier les informations, échanger les connaissances et signaler les contenus douteux. Tap Magazine via Getty Images/Simon Lees

Nous parlons avec vous, Amaury de Rochegonde, des initiatives menées par les médias français et les réseaux sociaux pour tenter de juguler la vague des « fake news » avant l’élection présidentielle. 

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Qu’est-ce qu’une fake news ou une fausse info sur Internet ? Il suffit de regarder ce qu’il s’est passé à Dortmund, en Allemagne, la nuit du réveillon du 31 décembre. Selon le site Breitbart News, longtemps présidé par Stephen Bannon, le conseiller de Donald Trump, une foule de mille étrangers a attaqué la police et mis le feu à l'église la plus ancienne d'Allemagne en criant Allah Akbar. Cette information, qui a suscité une très forte émotion en Allemagne, est en fait très loin de la réalité. Tout est parti d’un départ de feu vite maîtrisé devant l’église, relaté par un journal régional. Un millier de personnes sont alors rassemblées sur le parvis. Des Syriens ont scandé Allah Akbar pour célébrer le cessez-le-feu dans leur pays. Voilà. C’est tout. Tout le reste n’est qu’exagération. Mais on imagine assez bien ce que ce genre de fausses nouvelles peut avoir comme conséquences avant les élections législatives d’août et octobre.

Breitbart News se préparerait à s’implanter en Allemagne et en France. Pour ne pas se retrouver démunis devant ce type de fausses infos, de grands médias français comme France Télévisions, Radio France, Le Monde, France 24, des quotidiens régionaux et l’AFP ont décidé de rejoindre Google, Twitter et Facebook au sein d’un réseau, First Draft News, qui vise à vérifier ce que l’on appelle les fake ou les hoax, c’est-à-dire les canulars d’actualité. Le réseau qui regroupe déjà 300 rédactions dans le monde a été créé en septembre, en pleine campagne américaine. Il a accouché d’une plateforme collaborative, Check, qui permet de vérifier les rumeurs et dont il n’est pas impossible, qu’elle ne débouche en France sur un site à destination du grand public. L’idée : permettre à chacun de se rapporter à la vérité alors que la France craint d’être la prochaine cible de ces faiseurs de fausses infos lors de la campagne présidentielle.

Il ne s’agit pas seulement de vérifier les faits. Il s’agit aussi d’échanger des connaissances entre rédactions, de signaler comme faux ou douteux des contenus, voire de faire incarner des faits par des vidéos d’experts. « Cela ne peut marcher qu’à condition qu’il y ait toute la presse, de 'Valeurs actuelles' à 'l’Humanité' », précise-t-on à l’AFP. Facebook, qui a été mis en cause aux Etats-Unis, a lui déjà annoncé qu’il allait renforcer sa capacité à classifier ce qui relève du vrai et du faux grâce notamment au signalement des utilisateurs et en s’appuyant sur des organisations de fact-checking extérieures. Mais pas question non plus qu’on lui fasse encore le procès de biaiser ses sujets, ses trending topics, dans un sens anti-Trump.

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