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Chronique des matières premières

Nickel: l’impact du revirement indonésien

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Les camions transportent du minerai de nickel brut à proximité de Sorowako, en Indonésie, le 8 janvier 2017.
Les camions transportent du minerai de nickel brut à proximité de Sorowako, en Indonésie, le 8 janvier 2017. © REUTERS/Yusuf Ahmad

Décision déroutante pour l’industrie minière en Indonésie : Jakarta met fin à un embargo de trois ans sur ses exportations de minerai brut de nickel et de bauxite.

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C’est un revirement inattendu pour le secteur minier en Indonésie. Le gouvernement met fin à son embargo sur les exportations de minerai brut de nickel et de bauxite. En le mettant en place il y a trois ans, les autorités indonésiennes voulaient encourager la transformation locale en pensant développer l’emploi et gagner plus de valeur ajoutée.

Mais c’est l’inverse qui s’est produit : l’Indonésie aurait un manque à gagner de près de 17 milliards de dollars, qui a creusé le déficit budgétaire. « Les usines de fonte de nickel se sont développées, mais pas en nombre suffisant pour traiter l’intégralité du minerai », explique Didier Julienne expert des métaux. Les stocks de minerai brut se sont accumulés et l’Indonésie s’est fait doubler par les Philippines comme fournisseur majeur à la Chine. « Les conséquences sociales de l’embargo ont été catastrophiques dans le secteur minier », ajoute Didier Julienne.

Marche arrière toute, a décidé Jakarta : pendant les cinq prochaines années, les compagnies pourront exporter du minerai non transformé de basse teneur à partir du moment où elles auront juste un projet de transformation.

Voilà qui réjouit le premier groupe minier public indonésien, son PDG estime que les régions minières étaient en train de mourir et qu’elles vont renaître.

En revanche, l’afflux probable de nickel indonésien nuit déjà aux concurrents de l’Indonésie qui avaient profité de son retrait relatif : aux Philippines, en Australie et en Nouvelle Calédonie, les groupes miniers ont vu leur action chuter, la baisse des prix du nickel s’est déjà fait sentir, jeudi dernier la tonne est repassée sous les 10 000 dollars.

Autres déçus potentiels, les groupes chinois qui ont investi quelque 15 milliards de dollars dans des usines de fonte de nickel indonésiennes. Cela dit la Chine n’est pas mécontente d’avoir « délocalisé » ses usines-là en Indonésie, où elles sont plus modernes et moins polluantes. Les fabricants d’acier inoxydables chinois vont également profiter d’un nickel moins cher sur le marché mondial.

 

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