Chronique des médias

Donald Trump : sa nouvelle relation aux médias

Audio 02:24
Donald Trump lors de sa prestation de serment, le 20 janvier 2017.
Donald Trump lors de sa prestation de serment, le 20 janvier 2017. REUTERS/Carlos Barria

Cette semaine dans la Chronique des médias, intéressons-nous à l’investiture de Donald Trump qui est l’occasion de redéfinir les relations entre les médias et la Maison Blanche.

Publicité

Il y aura bien, comme du temps de Barack Obama, une salle de presse dans l’aile ouest de la Maison Blanche. Donald Trump l’a confirmé mercredi sur Fox News en ajoutant toutefois « mais certaines personnes de la presse ne seront plus en mesure d’y entrer ».

La rumeur avait couru que le président élu pourrait sortir les journalistes de la Maison Blanche pour des questions d’espace insuffisant, la salle de briefing ne comportant que 49 places de correspondants, même si elle peut quadrupler ses capacités. Finalement, c’est donc à un tri que les équipes de Trump procéderont. « Nous devrons simplement choisir les gens qui entrent dans la salle - je suis sûr que d’autres personnes en seront ravies », a lâché le nouveau président.

Relations tumultueuses

L’épisode, bien sûr, illustre les relations tumultueuses entre Donald Trump et les grands médias de la côte Est, qu’il qualifie souvent de malhonnêtes et assimile à un parti d’opposition. Dernier avatar de cette lutte, la publication par Buzzfeed d’un document douteux accusant le président élu d’être entre les mains de la Russie en raison de vidéos compromettantes, sans que ces allégations ne soient en rien vérifiées.

Cela a accentué la défiance vis-à-vis des médias et provoqué la fureur de Donald Trump qui a traité Buzzfeed de « tas d’ordures sur le déclin » et en profiter pour taper sur CNN, qui s’était fait l’écho de cette affaire. « Malhonnêtes médias », répète souvent Donald Trump qui préfère s’adresser directement à sa communauté de 21 millions d’abonnés sur Twitter, un tiers plus importante que celle de Barack Obama.

Une présence plus modérée sur Twitter

Trump va-t-il maintenant continuer à twitter depuis la Maison Blanche ? La réponse est oui. Sans doute plus rarement, mais il estime que c’est la seule façon qu’il a de contrecarrer les campagnes contre lui des grands médias. Son porte-parole, Sean Spicer, a même avoué sa gourmandise à l’idée qu’une conversation directe avec 45 millions de personnes sur les réseaux sociaux puisse faire « flipper » les médias traditionnels.

« Le temps des paroles vides de sens est terminé », a déclaré hier Donal Trump. C’est donc par des actions que le président protectionniste veut marquer ses prises de parole. Il l’a montré en expliquant sur Twitter puis devant les journalistes amassés devant sa tour que l’entreprise japonaise Softbank était d’accord pour investir 50 milliards de dollars et embaucher 50 000 personnes aux États-Unis. Le risque est maintenant que les médias, par crainte d’être balayés par les réseaux sociaux, se mettent à relayer fidèlement les messages du président. Quitte à ce qu’ils soient dans la post-vérité ou même le mensonge.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail