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La chute du prix des matières premières et les pays africains les plus vulnérables

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Cinq des six pays membres de la CEMAC sont producteurs de pétrole et ont été durement touchés par la chute des cours de l’or noir. Photo : raffinerie de pétrole de Kaduna au Nigeria, un des pays membres de la CEMAC
Cinq des six pays membres de la CEMAC sont producteurs de pétrole et ont été durement touchés par la chute des cours de l’or noir. Photo : raffinerie de pétrole de Kaduna au Nigeria, un des pays membres de la CEMAC Getty Images/Andrew Holt

Quelles réponses aux chocs des termes de l’échange dans les pays pauvres et vulnérables ? C’était l’objet d’une conférence organisée hier (mardi 24 janvier) à Paris par la Banque de France et la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi). Il a beaucoup été question des pays africains et du choc provoqué par une importante chute des prix des matières premières ces deux dernières années.

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Ce n'est pas la première fois que les pays africains dont les politiques macro-économiques reposent sur l’exportation des matières premières font face à la chute des prix de celles-ci. Patrick Guillaumont, Président de la FerdI : « La question se pose avec une actualité très grande, notamment pour les pays exportateurs de pétrole, je pense aux pays de la CEMAC qui ont vu leurs exportations chuter brutalement avec la baisse du prix du pétrole. Et donc, la gestion des chocs des termes d’échanges commence par une bonne gestion des chocs positifs. Une bonne gestion des chocs commence quand les cours sont élevés. Mais maintenant les cours sont bas, alors il faut bien réagir. En même temps, pensons quand même à l’avenir et à ne pas refaire les mêmes erreurs dans le futur. »

Selon certains orateurs, il revient aux dirigeants politiques de mettre en place des mesures de diversification de l’économie. Très durement touchés par la chute des cours du pétrole, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) veulent mieux affronter un éventuel nouveau choc, selon Paul Tasong, commissaire chargé des politiques économiques, monétaires et financières : « Au cas où il y a un retournement favorable des prix du pétrole, les Etats sont engagés à mettre de côté 20% des ressources financières issues de ce pétrole, pour leur permettre d’équilibrer les finances publiques en cas de retournement défavorable, tel que c’est le cas actuellement. Deuxièmement, les Etats se sont engagés, dans le cadre de l’Union monétaire, de ne pas procéder à des ajustements individuels, mais de s’ajuster ensemble. »

Cinq des six pays membres de la CEMAC sont producteurs de pétrole et ont été durement touchés par la chute des cours de l’or noir. Le Cameroun est le seul à avoir mieux résisté, comme l’explique Jean-Marie Benoît Mani : « Du fait d’une plus grande diversification de son économie et grâce à des réformes antérieures qui ont été prises. Mais toujours est-il qu’il est aussi touché et du fait que nous sommes dans une zone monétaire, avec un fond commun de réserves, la contagion est toujours possible. C’est pour ça que le Cameroun doit participer aux efforts qui sont faits en termes d’ajustement. »   

Selon Abebe Aemro Sélassié, directeur Afrique du FMI (Fonds monétaire international), si les différents pays africains lancent rapidement des réformes, la croissance du continent pourra remonter à près de 3% cette année.

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