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Revue de presse française

A la Une : les journaux font leur boulot!

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AFP

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De nouvelles révélations dans l'affaire Fillon ce matin dans Le Canard enchaîné sur des indemnités de licenciement versées à Penelope Fillon par l’Assemblée ; Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle hier pour les dépassements de ses dépenses lors de la présidentielle 2012… Chaque jour apporte son nouveau lot de révélations. Et les intéressés crient au complot notamment médiatique.

« L’image est affligeante, pointe Le Midi libre (…) Entre Bygmalion et le Penelopegate, cette valse du fric commence à donner la nausée aux Français. D’autant que, dans les deux cas, relève le journal, le système de défense, digne de Donald Trump, est identique. Pour brouiller les cartes, on crie au complot politique. On remet en cause la légitimité des juges. On pointe du doigt un acharnement médiatique. »

Justement, les médias en font-ils trop ? S’acharnent-ils ? Mais non, certainement pas, répondent ce matin plusieurs journaux. Tout d’abord, le premier accusé, Le Canard enchaîné, raconte dans sa dernière livraison comment et pourquoi il a enquêté sur Fillon. « En réalité, affirme l’hebdomadaire, le candidat savait depuis plus de deux mois que le Palmipède menait l’enquête sur son patrimoine et ses revenus. »

Tout a commencé le dimanche 20 novembre : « Fillon, le candidat de la " transparence ", remporte haut la main le premier tour de la primaire. Le Canard a eu une idée saugrenue : plonger son bec dans sa déclaration de revenus à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, histoire de voir de quel bois se chauffe Monsieur Propre. » C’est à partir de là que les surprises et les révélations s’enchaîneront…

Fillon pompier pyromane ?

Face aux développements de l’affaire Fillon, « tout journal avait le devoir de chercher à en savoir plus, estime Libération. La presse a-t-elle enquêté à charge ? Non : à chaque stade, François Fillon, épaulé par une des conseillères de presse les plus expérimentées de la place, a eu tout loisir de répondre, de s’expliquer et de contre-attaquer. C’est l’insigne faiblesse de ses réponses, accentuée par la confession de son épouse à un journal britannique, le Sunday Telegraph, qui a nourri la machine médiatique. Si bien qu’au bout du compte, conclut Libération, François Fillon dénonce un incendie qu’il a lui-même allumé. »

Le Monde, pour sa part, renchérit en dénonçant ce qu’il appelle « la mauvaise foi » de François Fillon. Une mauvaise foi qui « concerne l’invocation d’un " complot " et d’un " lynchage médiatique ". Commode et habituel bouc émissaire, la presse n’a fait, en l’occurrence, que chercher la vérité, affirme Le Monde : celle d’un homme qui se prétend " irréprochable " et celle d’un candidat qui invite le pays à une rigueur avec laquelle il a trouvé, sur le plan personnel, de singuliers accommodements. S’il a obtenu un sursis, François Fillon n’a pas levé ce doute pernicieux sur l’adéquation entre ses paroles et ses actes. »

La Charente libre est sur la même ligne : « Le procès intenté à la presse ou à la justice, selon les cas, n’est qu’une entorse supplémentaire à la vérité qu’un personnel politique responsable devrait aux citoyens (…) Doit-on faire grief à la presse de révéler qu’un candidat à la présidence, drapé dans sa vertu, entretient ainsi avec l’argent public des rapports qui ne sont pas ceux du politique désintéressé dont il se revendique ? Tout bon démocrate devrait plutôt s’en féliciter. »

Enfin cette remarque de La Croix : « Nombreuses sont les personnalités politiques qui jouent volontiers de la médiatisation tant que cela leur rend service. Et il arrive malheureusement souvent que des élus perdent trop de vue la finalité de l’engagement public : contribuer au bien commun. Le but n’est pas de bien gagner sa vie ou de satisfaire son narcissisme. Mieux vaut choisir alors la voie de l’entreprise ou les métiers du spectacle. La politique doit rester avant tout un service. »

La compétitivité française en berne…

A la Une également, les mauvais chiffres du commerce extérieur. La France a enregistré en 2016 un déficit commercial de 48,1 milliards d’euros, supérieur à celui de 2015 et à celui qu’anticipait le gouvernement. « Ce chiffre cache en fait une aggravation bien plus inquiétante, s’alarment Les Echos. Car la facture énergétique a reculé, elle, de plus de 8 milliards d’euros en 2016 avec la baisse du prix du pétrole. »

« Le solde des biens manufacturés, c’est-à-dire hors agriculture, énergie et matériel militaire, s’est creusé, lui, de plus de 10 milliards d’euros l’an passé, continue le quotidien économique. Il s’est élevé à 35 milliards, dépassant son record de 2011. On est donc loin du déficit zéro, hors énergie, fixé par François Hollande lors de son arrivée à l’Elysée et abandonné deux ans plus tard. Ce chiffre seul dit beaucoup sur la faiblesse du tissu productif français en général et de l’industrie en particulier. Il montre surtout qu’il n’y a pas eu d’amélioration de la compétitivité française depuis 2012. »

Le Figaro ne mâche pas ses mots : « Après les déficits et la dette records, le chômage endémique et la croissance molle, voici le désastre du commerce extérieur. Une ardoise de près de 50 milliards d’euros, là où le chef de l’Etat avait promis l’équilibre à la fin de son mandat, hors facture énergétique. »

« Les raisons d’une telle déconfiture sont connues, pointe Le Figaro. Malgré le CICE, cette rustine improvisée pour réparer les dégâts du choc fiscal hors norme du début du quinquennat, les coûts salariaux français demeurent encore trop élevés. Si l’on y ajoute une organisation du travail plus rigide que partout ailleurs, et une incapacité chronique de nos entreprises à monter en gamme - souvent en raison d’une rentabilité insuffisante -, les mesures à mettre en œuvre, estime le quotidien d’opposition, tombent sous le sens. »

L’appel de Théo

Enfin, Le Parisien titre sur l’appel à la paix lancé par Théo, ce jeune grièvement blessé jeudi par des policiers en banlieue parisienne. Le président François Hollande lui a rendu visite hier. Cette affaire a provoqué une véritable montée de fièvre. Commentaire du Parisien :

« Cette agression dit la haine que se portent policiers et jeunes des quartiers. Elle dit l’état de délabrement de notre vivre-ensemble. De notre République. D’un côté, des forces de l’ordre qui évoluent comme des cibles dans des zones de non-droit. De l’autre, des gamins harcelés par une police à bout de nerfs. Théo le dit avec une immense humanité : à ce drame doit succéder un appel à " stopper cette guerre. " »

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