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Revue de presse française

A la Une: la Cour a fait ses comptes

Audio 06:31
AFP

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Comme chaque année, la Cour des comptes, chargée de vérifier la bonne gestion des deniers publics, a rendu son rapport.

 
Comme chaque année, on s’étonne, on s’indigne, on fulmine. Comme chaque année, on tourne la page et on passe à autre chose. Les recommandations de la Cour des comptes étant non-contraignantes…

Et comme chaque année, les journaux répercutent, avec consternation ou délectation, les conclusions des magistrats financiers…

« Même si l’on est adepte du comique de répétition, soupire Le Figaro, il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter la lecture du traditionnel rapport de la Cour des comptes. […] En 1 300 pages, les contribuables découvrent comment la machine administrative, devenue si grosse qu’elle a échappé à tout contrôle, jette l’argent par les fenêtres. […] Ce foisonnement d’absurdités, aux quatre coins de France, décrit mieux qu’un long discours l’inexorable dilapidation des ressources publiques. Mises bout à bout et additionnées aux dépenses exorbitantes de fonctionnement de l’Etat et des administrations, on comprend sans peine pourquoi la France, en déficit depuis plus de quarante ans, se trouve au bord du gouffre, lestée d’une dette de 2 200 milliards d’euros. »

Le gouffre de l'Ecotaxe
 

Cette année, c’est la fameuse Ecotaxe qui tient la vedette… Cette taxe sur les poids-lourds pollueurs, votée sous Sarkozy et finalement abandonné par Hollande, après des manifestations violentes… Un immense gâchis écologique et financier : des centaines de portiques de contrôles des poids-lourds rouillent sur les routes de France…

 
Et pourtant, se désole L’Opinion, ce « scandale de l’écotaxe, avec ses centaines de millions d’euros partis en fumée et ses fautes en cascade, a toutes les chances de rester impuni. La Cour des comptes connaît tous les maillons de la chaîne de décision administrative qui a abouti à un renoncement politique, synonyme de grand gaspillage budgétaire. Et cela en toute impunité. Ségolène Royal, ministre de l’Environnement et première responsable de ce gâchis, ne semble même pas effleurée par l’idée que sa négligence ait pu être coupable. »

Oui, soupire Le Républicain Lorrain, « l’écotaxe… On imagine la mine réjouie des Sages se frottant les mains à l’idée d’éplucher un dossier si prometteur […]. Sans doute l’un des échecs emblématiques de ce quinquennat […]. Outre l’ardoise – colossale – pour le pays, ce désastre révélera l’impréparation du gouvernement Ayrault. Il symbolise rétroactivement l’impuissance publique à mettre en musique la loi. Terrible aveu que ce renoncement qui aura constitué un marqueur de la présidence Hollande. »

« Un milliard parti en fumée !, s’exclame Le Journal de la Haute-Marne. Un dispositif voté en 2009 et enterré en 2013 avant d’avoir pu être appliqué […]. En cédant à l’adversité, le gouvernement a tout bonnement jeté l’argent par les fenêtres. »

Choc nécessaire ?

Plus largement, « un choc est nécessaire sur la dépense publique », estiment Les Echos. « La charge sonnée par la Cour des comptes est cruelle : elle montre qu’une autre politique doit être menée sur la dépense publique, estime le quotidien économique, terrain chéri entre tous par la gauche. Le fait que la Cour soit présidée par Didier Migaud, ancien député PS, rend la plaie encore plus saignante. La lecture du rapport ne laisse place à aucune équivoque. “La comparaison de la situation française avec celle de ses voisins révèle le retard pris dans l’ajustement des finances publiques. [...] La situation relative s’est même détériorée depuis 2010”, lit-on. La France fait partie des mauvais élèves de la classe européenne pour son niveau de déficit, et elle est aussi l’un des pays où les dépenses publiques sont les plus élevées. »

Enfin L’Humanité fait entendre sa différence… « Chaque année, la Cour des comptes produit son catéchisme de l’austérité. Cette année, la version est intégriste, mode Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Elle préconise, sous l’euphémisme délicat de “modération de la dépense publique”, de la réduire de 0,3 % […]. En tête de gondole, les Sages ont placé l’écotaxe, relève aussi le quotidien communiste. Mais nulle part ils n’ont pointé le gâchis monstrueux du CICE et du pacte de responsabilité. […] La dérive est patente : destinée à évaluer la sincérité de la comptabilité publique, l’institution s’est transformée en propagandiste du libéralisme au point que ses recommandations de 2017 feraient un socle très convenable pour édifier le programme de François Fillon. »

Les repentis de Boko Haram

Dans Libération, un reportage de quatre pages sur les repentis de Boko Haram… « Enrôlés ou attirés par le groupe jihadiste, ils ont déserté, protégés par une amnistie. Dans un camp de transit au Niger, ces hommes confient regrets et peur des représailles. »

L’envoyé spécial de Libération est parti à leur rencontre, dans ce camp, à Diffa, dans le sud-est du Niger. « Parmi les repentis, il y a cet homme jeune, pas très grand, yeux vides, jogging noir. A l’écart, il parle d’une voix dénuée d’émotions. Il n’a que 26 ans, mais ce Nigérien affirme qu’il avait 50 hommes sous son commandement. Pendant deux ans, ce combattant a écumé le nord-est du Nigeria, notamment Baga, qui était un marché aux poissons animé, le théâtre de l’une des pires attaques des insurgés – des centaines de civils ont été massacrés, des femmes et des enfants enlevés. “Oui, dit-il, j’ai tué beaucoup de gens à la guerre”. Il le dit sans affect et ajoute qu’il “regrette d’avoir tué des innocents inutilement. Tu ne fais que tuer tes parents, ton frère, tes amis, poursuit-il. C’est entre nous, toujours, qu’on fait cette guerre. Ça ne sert à rien. Alors, je me suis rendu aux autorités”. »

Est-ce que ces hommes pensent pouvoir se réinsérer parmi les populations qu’ils ont terrorisées ? « “Je ne pense pas que cela sera difficile”, dit l’un d’eux. Un autre répond qu’il n’a “pas le choix. Je ne peux pas revenir en arrière”. Enfin un dernier confie : “je n’ai pas peur de la population. C’est Boko Haram que je redoute”. »

Révélations sur une bavure
 

Enfin, Le Parisien reconstitue minute par minute la bavure d’Aulnay-Sous-Bois. Le Parisien qui confronte les versions des policiers et celle de Théo, le jeune passé à tabac. Une reconstitution pour le moins accablante pour les policiers. Les policiers qui « ne semblent même pas s’être rendus compte de la gravité de la blessure infligée au jeune homme » ; l’anus déchiré par une matraque, rappelons-le.

 
« On aimerait trouver des circonstances atténuantes à ces quatre policiers qui ont blessé Théo, commente Le Parisien. On n’en trouve pas parce qu’il n’y en a pas : rien ne peut justifier une telle brutalité. En quelques minutes, ils ont balayé les efforts de tous ceux qui, policiers compris, jour après jour, se battent, vaille que vaille, contre ces autres fléaux qui gangrènent les quartiers : la violence de l’exclusion, celle des gangs et celle des dealeurs. Cette violence est l’affaire de voyous, pas celle de policiers, affirme encore Le Parisien. La police représente la République. Et ce n’est pas comme ça qu’elle imposera le respect. »

 

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