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Aujourd'hui l'économie

La Grèce à nouveau à la merci de ses bienfaiteurs

Audio 03:16
Le FMI s'inquiète de l'état des finances de la Grèce.
Le FMI s'inquiète de l'état des finances de la Grèce. REUTERS/Yuri Gripas

La Grèce devra-t-elle entériner une nouvelle purge dans ses dépenses publiques pour conserver le soutien de ses créanciers ? Le débat ressurgit cette semaine avec  la publication d'un rapport alarmiste du FMI sur les finances grecques.

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Dans son rapport annuel sur la Grèce, le FMI joue les Cassandre : certes il y aura bien un peu de croissance cette année dans ce pays, avancent les auteurs, mais croire que ce pays sera capable de dégager dix ans de suite un excédent budgétaire primaire de 3,5% comme l'exige l'Allemagne est totalement irréaliste. Ces efforts d'orthodoxie budgétaire vont au contraire casser la croissance. Et de porter l'estocade : de toute façon la dette grecque est insoutenable et à long terme explosive. La dette. C'est le principal litige entre le FMI et l'Allemagne. Le FMI pense qu'il faut en effacer une bonne partie, et cette option est toujours inconcevable dans l'imaginaire politique allemand. Cela fait deux ans que le fonds et l'Allemagne divergent sur l'analyse de la situation grecque comme sur les remèdes à administrer.

Allemagne et Grèce se retrouvent pour imposer à la Grèce de nouvelles mesures d'austérité. Mais pour des motifs différents et sans grand fondement économique. Etant donné que le FMI est incapable d'obtenir l'allègement de la dette, il veut imposer à Athènes de nouvelles coupes dans les retraites et un élargissement de la base des contribuables. C'est, d'après ses experts, le seul moyen de tenir les objectifs irréalistes d'excédent budgétaire fixés à Bruxelles. Il en font donc la condition de son maintien. Pour le FMI, habitué à jouer les pompiers pendant un temps relativement court, il faut au plus vite sortir du bourbier grec. En face, l'Allemagne a un tout autre agenda, elle n'est pas pressée. Par manque de confiance, elle veut garder la Grèce sous tutelle le plus longtemps possible, mais pas question de se passer du fonds qui est un peu sa caution, c'est pourquoi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, soutient les demandes du FMI, même les plus dures.

Les Grecs contraints d'accepter de nouvelles mesures d'austérité ? Les Grecs sont une fois encore pris en otage. S'ils refusent d'obtempérer, leurs sources de financements vont s'assécher alors qu'ils ont une importante échéance de remboursement en juillet. Mais accepter risque de compromettre la reprise. Et à quel prix dans l'opinion ? Face à ces questions, ces dilemmes, le Premier ministre Alexis Tsipras réfléchirait à la tenue de nouvelles élections. Ce débat lourd de conséquences doit être tranché au plus vite, c'est-à-dire avant la prochaine réunion des ministres des finances de la zone euro consacrée à la Grèce, qui a lieu le 20 février 2017. Ensuite les élections au Pays-Bas puis en France fermeront la porte des négociations jusqu'en mai.

Grèce et Union européenne vers une nouvelle crise ? C'est probable, aucun plan de sauvetage n'a remis la Grèce sur pied, elle se décompose lentement. A tel point qu’un autre scénario, celui d'une sortie de l'euro est à nouveau dans l'air. L'hypothèse d'un Grexit est agitée depuis plusieurs jours dans la presse allemande, c'est la solution expéditive prônée par Wolfgang Schaüble et cette option longtemps taboue en Grèce est aussi ouvertement discutée à Athènes par certains membres de Syriza.

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