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Bonjour l'Europe

La campagne présidentielle française vue du Royaume-Uni

Audio 02:54
Couverture du Spectator, magazine conservateur britannique du 11 février 2017.
Couverture du Spectator, magazine conservateur britannique du 11 février 2017. http://www.spectator.co.uk/

A deux mois de l’élection présidentielle française, les médias étrangers s’intéressent de très près à la campagne qui se déroule en France. Au Royaume-Uni par exemple, les journalistes n’ont jamais été aussi attentifs et suivent désormais quotidiennement l’évolution de la situation. Comment est vécue la campagne 2017 outre Manche ? Eclairages. 

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de notre correspondante à Londres,

C’est un scrutin qui fascine et inquiète à la fois et un mot revient souvent ici depuis quelque temps, celui de révolution. Le dernier numéro de l’hebdomadaire The Economist consacre d’ailleurs sa Une à ce qu’il appelle « La prochaine révolution française » et à une élection qu’il estime « la plus passionnante jamais vécue de mémoire d’homme ». Pourquoi ? Parce qu’après des décennies de stagnation politique et économique, les électeurs français s’apprêtent à rejeter les deux grands partis de gauche et de droite. Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les candidats à la tête de ce que le journal appelle des« insurrections » diamétralement opposées, font dire à son éditorialiste que la division est moins désormais entre droite et gauche qu’entre un monde ouvert et un monde fermé. Résultat, l’élection aurait des implications qui dépasseraient les frontières de la France et pourraient soit raviver l’Union européenne soit la démolir…

Que pensent les Britanniques des candidats Le Pen et Macron ?

Marine Le Pen fait peur. Le magazine conservateur The Spectator évoque en cas de victoire du Front national la plus grave crise en France depuis 50 ans et craint même une guerre civile dans un pays divisé après les attentats terroristes qui l’ont touché en 2015 et 2016. The Guardian se lamente du chaos à droite avec l’affaire Fillon et de la faiblesse à gauche avec un candidat, Benoît Hamon, qui ressemble fort à l’impopulaire leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn. Pour le quotidien, ce contexte a permis à celle qui, « fait la promotion insidieuse d’idées racistes, xénophobes et Islamophobes, de devenir la candidate à battre » et pour The Guardian c’est une réalité humiliante dans le pays berceau des philosophes des Lumières.

De l’autre côté Emmanuel Macron intrigue. Il est souvent comparé au jeune Tony Blair et à son programme de 3è voie qui avait tant séduit en 1997. Sa visite à Londres le mois dernier n’est d’ailleurs pas passée inaperçue. Le député et ancien dirigeant des Libéraux-démocrates Nick Clegg est venu l’écouter et estime qu’il pourrait être le sauveur du libéralisme.

Et que disent les commentateurs du feuilleton de la candidature de François Fillon ?

Les analystes britanniques n’en finissent pas de s’étonner de la résilience d’un candidat qui, s’il avait été Britannique, n’aurait pas résisté au lynchage médiatique et se serait depuis longtemps retiré. Malgré tout, les médias n’ont aucun doute sur le sort du candidat des Républicains : le quotidien de droite Telegraph estime que « François Fillon ressemble de plus en plus à un candidat posthume ». Même constat dans le journal dominical The Observer pour qui « en termes électoraux, François Fillon est un mort en sursis ». Et cette situation ouvre selon son éditorialiste un boulevard à celle qu’il appelle « la toxique Marine Le Pen ».
 

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