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Invité Afrique soir

Migrants: «L'Europe a choisi l'efficacité au mépris des droits de l'homme»

Audio 05:39
Des réfugiés érythréens dans un camp de migrants au Soudan.
Des réfugiés érythréens dans un camp de migrants au Soudan. AFP /ASHRAF SHAZLY

« S'appuyer sur les pays de départ pour tenter de stopper les migrants ». C’est le choix de l'Union européenne depuis le processus de Khartoum, en 2014. Un partenariat avec le Soudan d’Omar el-Béchir, pays de départ et de transit pour les migrants venus notamment de la corne de l'Afrique, partenariat encore renforcé l'an dernier. Suliman Baldo, conseiller « Enough Project » aux États-Unis pour le Soudan et la Corne de l’Afrique, est notre invité. Il vient de publier un rapport, Contrôle aux frontières de l'enfer.

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Dans ce rapport, Suliman Baldo dénonce le recours par Khartoum aux forces de soutien rapide constituées d'anciens miliciens janjawid qui sévissaient au Darfour au début des années 2000. Ces forces spéciales patrouillent aux frontières et se livrent aujourd'hui à des arrestations musclées de migrants de migrants.

Suliman Baldo

« ...Toute l’histoire de ces forces de soutien rapide, depuis leur création (2013) est ponctuée de massacres partout où elles se sont déployées. Que ce soit dans les campagnes du Darfour, ou bien maintenant dans leur rôle de gestion de l’immigration le long des frontières du Soudan avec l’Egypte et la Libye. C’est très troublant que l’Europe accepte que ces forces soient la force principale pour le renforcement de son accord avec le Soudan.
 
Ces forces de soutien ont été officiellement intégrées à l'armée soudanaise début 2017. Ellessont autonomes au sein de l’armée, elles obéissent uniquement au chef de l’Etat Omar el-Béchir. Ce type de rapport est accompagné de carte blanche lorsqu’elles commettent des atrocités contre la population civile lors de ce type d’opération. Ces forces avec les forces régulières du Soudan ont tenu une grande conférence de presse dans le quartier général du ministre de la Défense et le point essentiel était de mettre la pression sur l’Union européenne pour qu’elle débourse davantage de fonds. Les chefs d’intervention rapide ont carrément fait du chantage en disant que si l’Union européenne ne soutenait pas ces forces d’intervention rapide, elles laisseraient les frontières ouvertes pour que les migrants puissent traverser (...). L'Europe a choisi l'efficacité au mépris de la question des droits de l'homme. »

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