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Bonjour l'Europe

Roumanie: hausse conséquente des salaires du secteur public

Audio 03:40
1 Leu, la monnaie roumaine.
1 Leu, la monnaie roumaine. Ionutzmovie/wikimedia.org
Par : Benjamin Ribout
8 mn

La Roumanie augmente ses salaires dans le secteur public. A l'heure de la comparaison des coûts du travail en Europe, Eurostat estimait fin 2016 qu'un Roumain coûtait 5,5 euros par heure de travail, contre 35 en France ou encore 42 au Danemark. C'est le deuxième coût horaire le plus bas en Europe derrière la Bulgarie. Le gouvernement démocrate tente d'y remédier actuellement en augmentant les salaires. Mais la Roumanie en a-t-elle les moyens ?

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de notre correspondant à Bucarest,

Il faut d'abord rappeler que le gouvernement démocrate a déjà mis à exécution en début d'année ses promesses électorales en augmentant certains salaires dont le salaire minimum à environ 325 euros, ainsi qu'en augmentant les retraites.

Aujourd'hui on assiste à une deuxième étape qui concerne l'augmentation des salaires dans le secteur public. Pas tous mais une grande majorité, suivant un calendrier de quatre ans. Ce plan doit être voté dans les jours qui viennent par le Parlement où, c'est important, les démocrates dispose de la majorité. Il concerne notamment une hausse de 20% des salaires du personnel militaire, de 5% pour les policiers. Dans l'éducation la hausse sera de 10% dans l'enseignement primaire et secondaire, et de 30% dans l'enseignement supérieur. C'est beaucoup d'argent.

Inquiétude des experts

Les économistes tout comme le Conseil fiscal, qui émet chaque année un avis indépendant sur le budget, sont inquiets. Selon le conseil, les prévisions budgétaires de 2017 sont surévaluées. Les recettes se basent sur des prévisions trop optimistes et une croissance de 5,2%. Or, les organismes financiers tablent sur moins de 4%. Cela se traduit par un manque budgétaire de 600 millions d'euros.

Autre motif d'inquiétude : 102 taxes sont passées à la trappe en début d'année. La taxe sur la santé (5,5% des revenus) a disparu. L'Etat a aussi décidé de ne plus imposer du tout les retraites inférieures à 450 euros. Les dépenses sociales augmentent donc alors qu'en parallèle les revenus collectés par l'état sont inférieurs à 30% du PIB. Ce que l'Etat engrange, via les taxes et les revenus fiscaux, représente seulement 26% du PIB roumain. Contre 39-40% pour la moyenne européenne.

Autre problème avec ce budget 2017, plusieurs dépenses ont été sous-évaluées à hauteur d'un milliard d'euros. Cumulées, ces recettes sur-évaluées et ces dépenses sous-évaluées, toujours d'après le Conseil fiscal, se traduisent par un impact negatif d'environ 2 milliards d'euros au budget et par un déficit aux alentours de 4% du PIB.

La Commission a bien sermonné la Roumanie

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrivskis et le comissaire pour les Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, ont écrit au Premier ministre Sorin Grindeanu et au ministre roumain des Finances, Viorel Stefan, solicitant des mesures claires pour réduire ce déficit. Ils ont évoqué des « déviations significatives » des objectifs budgétaires à moyen terme avec ce projet « ambitieux de hausses de salaires », redoutant une situation à la grecque.

En outre, la Commissaire européenne au développement régional, la Roumaine Corina Cretu, a rappelé il y a peu que le pays possédait une enveloppe de 250 millions d'euros de fonds européens pour moderniser ses unités sanitaires mais qu'aucun projet n'avait été déposé à ce jour. Car dans le fond, le souci c'est que l'accroissement des déficits est dû uniquement à des dépenses sociales et non à des investissements massifs, dont la Roumanie aurait grandement besoin notamment du côté des infrastructures, de la santé et de l'éducation.

12 février 2017: les manifestants ont formé devant le siège du gouvernement à Bucarest un drapeau roumain géant illuminé par leurs téléphones portables pour réclamer la démission du gouvernement.
12 février 2017: les manifestants ont formé devant le siège du gouvernement à Bucarest un drapeau roumain géant illuminé par leurs téléphones portables pour réclamer la démission du gouvernement. Inquam Photos/Liviu Florin Albei via REUTERS

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