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Chronique des matières premières

Ghana et Côte d’Ivoire: vers un cartel du cacao?

Audio 01:57
Graines de cacao.
Graines de cacao. Flickr/Giulian Frisoni

Face à la chute des cours du cacao, les deux premiers producteurs au monde, la Côte d’Ivoire et le Ghana, veulent renforcer leur coopération.

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Va-t-on vers un cartel du cacao entre le Ghana et la Côte d’Ivoire ? La chute des cours, de 30% depuis l’été dernier, occasionne en tout cas beaucoup de concertations entre les gouvernements ouest-africains, à la tête des deux premiers pays producteurs au monde de cacao. Le ministre ivoirien de l’Agriculture s’est rendu à Accra à la mi-mars, et le nouveau directeur du Cocobod, qui gère la filière ghanéenne, s’est déplacé à Abidjan la semaine dernière pour rencontrer son homologue ivoirienne, Massandjé Touré Litsé. « Il est important que le monde entier sache aujourd’hui qu’en termes de cacaoculture il y aura le Ghana et la Côte d’Ivoire d’un seul et même côté », a tenu à résumer la directrice générale du Conseil du Café Cacao.

 
La solidarité n’a pas toujours été de mise entre les deux leaders mondiaux du cacao, qui ont souvent fermé les yeux sur la contrebande qui sévissait dans un sens ou dans l’autre en fonction des prix versés au producteur de part et d’autre de la frontière. Cette année, la baisse du prix garanti en Côte d’Ivoire pour la récolte intermédiaire encourage la contrebande vers le Ghana qui continue à rémunérer davantage le kilo de fèves.

Les deux Etats se sont engagés à lutter contre cette contrebande qui mine les revenus fiscaux de la Côte d’Ivoire, déjà en chute libre. Le Cocobod ghanéen et le Conseil du café cacao ivoirien ont aussi annoncé un renforcement de leur coopération par des réunions régulières et la création d’un comité, qui sera chargé de nouvelles mesures pour gérer la production et permettre aux agriculteurs d’en vivre durablement.

Faut-il imaginer la prochaine constitution d’un cartel africain du cacao entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, 60% de l’offre mondiale à eux seuls ? Un cartel susceptible de stocker les fèves pour faire remonter les prix mondiaux, lorsqu’ils chutent. Encore faut-il pouvoir financer ces stocks. Le Cocobod du Ghana n’a plus d’argent, quant à la Côte d’Ivoire, encore plus touchée par la baisse des revenus cacaoyers la moitié de ses exportations et 15% de son PIB, elle a demandé l’aide financière du Fonds monétaire international.

 

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