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Chronique des matières premières

Aluminium : les Etats-Unis brandissent la sécurité nationale

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Depuis 2007, neuf fonderies sur quatorze ont fermé sur le sol américain. Les États-Unis importent aujourd’hui plus de la moitié de leurs besoins d’aluminium, majoritairement du Canada, mais aussi de Chine et de Russie.
Depuis 2007, neuf fonderies sur quatorze ont fermé sur le sol américain. Les États-Unis importent aujourd’hui plus de la moitié de leurs besoins d’aluminium, majoritairement du Canada, mais aussi de Chine et de Russie. Getty Images/Burgess Blevins

Les importations d’aluminium menacent-elles la sécurité des États-Unis ? Le département américain au Commerce ouvre une enquête.

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Les États-Unis brandissent la sécurité nationale contre l’aluminium étranger. Le programme d’armement américain, qui nécessite de l’aluminium de haute-technologie, est-il menacé par les importations massives d’aluminium, en particulier chinois, qui font de la concurrence à la production américaine de métal gris ? Le secrétaire américain au Commerce lance une enquête : « Nous produisons de moins en moins d’aluminium, déplore Wilbur Ross. Nous n’avons plus qu’un seul producteur de qualité aéronautique », affirme-t-il, en parlant de Century, fournisseur de Lockheed Martin, le constructeur des avions de chasse américains.

« Century produit pourtant 740 000 tonnes d’aluminium. Il y a de quoi fabriquer tous les avions des États-Unis », s’amuse Christian Hocquard, expert des métaux. D’autres producteurs américains font aussi de l’aluminium de qualité, Alcoa bien sûr, ou Constellium... Le recours à la sécurité nationale n’est qu’un prétexte pour continuer la bataille commerciale contre la Chine, l’acier fait d’ailleurs l’objet d’une enquête similaire.

Les failles de l’aluminium américain

La réalité, c’est que toute la production américaine d’aluminium a plongé depuis le début des années 2000, les États-Unis produisaient alors plus que la Chine, maintenant ils produisent trente fois moins qu’elle. L’aluminium, c’est avant tout de l’énergie et la Chine a des coûts de l’énergie imbattables. L’aluminium américain, lui, dépend des barrages hydroélectriques de plus en plus défaillants à cause des sécheresses, ce qui a poussé les producteurs américains, qui n’étaient plus rentables avec l’effondrement des prix mondiaux, à délocaliser leur production.

Depuis 2007, neuf fonderies sur quatorze ont fermé sur le sol américain. Les États-Unis importent aujourd’hui plus de la moitié de leurs besoins d’aluminium, majoritairement du Canada, mais aussi de Chine et de Russie. Ce sont les deux pays nommément visés par l’administration américaine, elle les accuse de subventionner leurs exportations d’aluminium. Mais là, il s’agit davantage de préserver la balance commerciale américaine que la sécurité des États-Unis. Entre l’enquête et la décision d’instaurer des taxes très lourdes sur l’aluminium étranger, l’administration américaine a presque un an. Le temps de négocier avec ses partenaires, dont la Chine. 

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