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Aujourd'hui l'économie

Emmanuel Macron/Matteo Renzi: des programmes convergents

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Emmanuel Macron et Matteo Renzi ont des politiques convergentes dans trois domaines principaux : la fluidification du marché du travail, la réduction des dépenses publiques, la simplification administrative;
Emmanuel Macron et Matteo Renzi ont des politiques convergentes dans trois domaines principaux : la fluidification du marché du travail, la réduction des dépenses publiques, la simplification administrative; AFP/Andreas Solaro/Reuters/Regis Duvignau/Montage RFI
Par : Francine Quentin
7 mn

Ils ont tous les deux la quarantaine, veulent dépasser le traditionnel clivage gauche-droite. Tous les deux veulent relancer une économie qui stagne en faisant éclater certaines rigidités. En France, Emmanuel Macron entend devenir le plus jeune président de la République, tandis que Matteo Renzi en Italie était en 2014 le plus jeune président du Conseil de la péninsule avant de connaître l'échec et la démission. Deux programmes économiques et sociaux qui convergent sur de nombreux points.

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« Si j’étais Français je voterais Macron », affirme sans ambages Matteo Renzi qui a repris haut la main dimanche la tête du Parti démocrate, situé centre gauche de l’échiquier politique italien. De son côté, Emmanuel Macron avoue s’être inspiré de Matteo Renzi pour certaines de ses propositions. C’est dire si les deux hommes s’apprécient. Ils sont tous deux résolument Européens et opposés, chacun dans son pays, à un fort mouvement d’extrême droite et populiste. Le Front national en France, le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo en Italie.

Les points communs

Emmanuel Macron et Matteo Renzi ont des politiques convergentes dans trois domaines principaux : la fluidification du marché du travail, la réduction des dépenses publiques, la simplification administrative afin de libérer les énergies, notamment dans l’économie. 

Le marché du travail est en effet une question cruciale dans ces deux pays touchés par un taux de chômage élevé. Alors qu’il était président du Conseil italien, Matteo Renzi s’est attaqué à l’un de ces travaux d’Hercule. C’est le Jobs act adopté en décembre 2014 qui introduit plus de flexibilité dans l’emploi : licenciements plus faciles, aides fiscales à l’embauche et lutte contre l’emploi précaire, avec des résultats plutôt mitigés. Emmanuel Macron l’un des inspirateurs de la loi travail, dite El Khomri, avait cet exemple en tête.

Par ailleurs, Matteo Renzi a imposé la réforme en dépit des oppositions, se gagnant le surnom de « Thatcher italien ». Cela évoque le choix fait par Emmanuel Macron de recourir aux ordonnances pour réformer dès l’été prochain le droit du travail en France afin de favoriser les accords majoritaires d’entreprise ou de branche et encadrer les décisions des Prud’hommes.

Réductions des fonctionnaires

En ce qui concerne l’allégement des dépenses publiques, Matteo Renzi a fait adopter en 2015 une loi de simplification administrative et d’économies dans la fonction publique. Les fonctionnaires italiens sont classés parmi les moins efficaces des pays industrialisés. Désormais, ils pourront être licenciés. Mais surtout la loi prévoit la réduction drastique du nombre des administrations locales, des Chambres de commerce régionales et autres offices publics, ainsi qu’un désengagement de l’Etat de milliers d’entreprises publiques. Par un biais différent, Emmanuel Macron propose de supprimer 120 000 emplois de fonctionnaires sur la durée du quinquennat et de réduire d’un tiers, pas moins, le nombre des parlementaires et d’un quart celui des départements.

Les Italiens voient aussi l’exemple de Renzi dans les propositions d’Emmanuel Macron d’augmenter le minimum vieillesse, de supprimer pour partie la taxe d’habitation ou d’instaurer un chèque culturel de 500 euros pour les jeunes de 18 ans.

Matteo Renzi qui devra affronter des élections législatives d’ici début 2018 compte beaucoup sur l’arrivée à l’Élysée d’Emmanuel Macron. Lui qui a souvent cité le « Yes we can » de l’ancien président américain Barack Obama, a repris à son compte le slogan « En Marche! » d’Emmanuel Macron pour lancer dans la péninsule son mouvement « In cammino ».

 

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