Accéder au contenu principal
Bonjour l'Europe

La violence dans le football amateur portugais

Audio 03:17
Des supporters du club de football FC porto.
Des supporters du club de football FC porto. REUTERS

Le Portugal va entrer dans l’ère de l'arbitrage vidéo des matchs de foot, alors que la violence dans le monde du football augmente. On vient de le voir avec les matchs d’un club amateur, Canelas FC 2010, et ces agressions, notamment d'arbitres. Un joueur vient d’ailleurs d'être suspendu plus de quatre ans.

Publicité

Début avril, lors d’un match, l’opposant au club Rio Tinto, un joueur du Canelas FC 2010, a violemment agressé un arbitre d’un coup de genou dans le menton. Trois fractures du nez pour l’arbitre, expulsion du joueur et fin du match après 3 minutes de jeu. Le footballeur, Marco Goncalves, surnommé Orelhas, « Grandes oreilles » est habitué de ce genre d’agression. Il est suspendu pour 4 ans et 5 mois et condamné à payer des amendes d’un montant de 5 000 euros qu’il dit ne pas pouvoir payer. « Grandes oreilles » n’est pas un cas isolé dans l’équipe de foot la plus dure et la plus extrême que compte le Portugal. La plupart des joueurs de Canelas sont des membres des Super Dragons, le club des supporters du FC Porto. Cette équipe est la terreur des terrains de foot, et sa réputation a dépassé les frontières du Portugal.

On est au-delà du football. Canelas c’est l’antijeu par excellence, la violence des ultras qui se donnent en spectacle.

C’est à tel point que les adversaires du club amateur qui joue en division élite, ne se présentent plus sur le terrain. Canelas réussit l’exploit de grimper dans le championnat amateur simplement par forfait des adversaires. Ceux-ci préfèrent ne pas venir sur le terrain, et payer une amende de 750 euros pour non comparution, plutôt que d’aller se faire massacrer par les féroces de Canelas. Milton Ribeiro, le capitaine du club est originaire du quartier Cerco do Porto, comme la plupart des joueurs, et ont pratiqué un foot dur, de la rue, pour s’imposer dans le quartier. Orelhas, le joueur suspendu, est un pur produit de ce milieu et qui a compensé ses manques techniques par son agressivité. Un mode de vie des quartiers populaires, un vivier des clans de supporters parmi les plus ultras qui règnent en maitres sur le monde du football, gardes du corps ou videurs de boites dans le civil, étalant pouvoir et argent.

C’est gênant si l’on cherche plutôt à valoriser une image positive du football.

Le Portugal champion d’Europe, le Portugal petit poucet européen mais grande équipe, le Portugal de Cristiano Ronaldo, le joueur parti de rien mais jamais avare de sa nouvelle fortune, et dont on valorise le fair play. Alors le New-York Times titrant sur les brutes de Canelas : on ne peut pas dire que ça plait. La violence est réelle ailleurs ; comportements mafieux, incidents à répétition, 43 arbitres blessés en un an. Récemment, un italien, supporter de la Fiorentina venu jouer contre le Sporting, a été fauché par un supporter portugais et a succombé á ses blessures. Le Portugal qui teste actuellement le système de vidéo arbitrage a décidé de l’implanter à la saison prochaine. Ce système est testé ailleurs, en France, en Italie, en Allemagne et d’autres pays, pour faire face aux fautes de plus en plus nombreuses des joueurs. Au pays de Ronaldo, seuls les 3 grands clubs, Benfica, Sporting et FC Porto en seront équipés. Les matchs pugilats de Canelas ont encore de beaux jours devant eux.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.