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Bonjour l'Europe

Pologne: le gouvernement peu enchanté par la victoire d’Emmanuel Macron

Audio 03:01
La Première ministre polonaise Beata Szydlo, à Varsovie, le 13 janvier 2016.
La Première ministre polonaise Beata Szydlo, à Varsovie, le 13 janvier 2016. REUTERS/Kacper Pempel
Par : Maya Szymanowska
7 mn

En Pologne, les réactions à l'élection d'Emmanuel Macron manquent pour le moins d'enthousiasme. Le président polonais et la Première ministre Beata Szydlo ont certes adressé des dépêches de félicitations à Emmanuel Macron après sa victoire, mais il semble que le gouvernement conservateur de Varsovie ne soit pas ravi du choix des Français.

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De notre correspondante à Varsovie,

Le jour même où elle a salué l'élection du nouveau président français, la Première ministre Beata Szydło a critiqué dans la presse le leader d’En Marche ! et souligné qu’un président devrait mieux peser ses mots. Elle faisait là référence aux critiques d’Emmanuel Macron vis-à-vis du gouvernement de Varsovie durant sa campagne.

La presse qui soutient le gouvernement est encore plus spécifique dans son analyse. « La victoire d’Emmanuel Macron n’est pas tout à fait une bonne nouvelle pour la Pologne », estime Dziennik-Gazeta Prawna. Sans mâcher ses mots, ce quotidien de droite considère que le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen était un choix entre la peste et le choléra.

Le journal économique de Varsovie, quant à lui, redoute surtout la politique européenne proposée par Emmanuel Macron. On peut y lire qu'une « zone euro restreinte, selon le plan Macron, poussera la Pologne dans les marges du projet » de l’Union européenne.

La presse de l’opposition, a contrario, se félicite du résultat de l’élection française comme d’un bon choix pour l’Union européenne. Mais elle craint aussi que la Pologne ne soit marginalisée à cause des agissements du gouvernement conservateur, dont la vision de l’Europe est aux antipodes de celle d’Emmanuel Macron.

Le cas Whirlpool agace Varsovie

Emmanuel Macron a critiqué la délocalisation en Pologne de l’entreprise Whirlpool, installée jusque-là à Amiens en France, et s’est dit favorable à des sanctions européennes contre la Pologne. Une déclaration qualifiée de « malvenue » par le gouvernement polonais.

Le pays, qui attire de nombreux investissements industriels avec une main-d’œuvre bon marché, a pointé la contradiction de celui qui n’était alors que candidat avec son engagement pro-européen. Le chef de la diplomatie polonaise a même taxé les paroles d’Emmanuel Macron de « populisme pur ».

Les relations franco-polonaises au plus bas

Les tensions entre Paris et Varsovie ne sont pas nées avec l’élection d’Emmanuel Macron. C’est la Pologne qui a ouvert les hostilités à l’automne 2015, lors de l’arrivée au pouvoir des conservateurs.

Juste après sa prise de fonctions, le gouvernement polonais a décidé d’annuler les négociations sur la vente des cinquante hélicoptères Caracal d’Airbus Helicopters, un contrat de plus de 3 milliards d’euros. Un coup dur pour l’industriel européen, un accroc majeur dans les relations entre la France et la Pologne.

Depuis, à chaque pas, les conservateurs du PiS montrent que la France n’est pas un partenaire privilégié de la Pologne. Depuis un an, il n’y a notamment plus d’ambassadeur de Pologne à Paris. Varsovie favorise désormais les relations avec le groupe de Visegrád – qui regroupe la Hongrie, la République tchèque, la Pologne et la Slovaquie – et les pays limitrophes, plutôt que celles du triangle de Weimar, qui réunit l’Allemagne, la Pologne et la France. Les relations franco-polonaises ne sont donc pas prêtes de se réchauffer.

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