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Bonjour l'Europe

Nouvelle crise des ordures à Rome

Audio 02:59
Déchets non collectés à Naples en 2010. (Photo d'illustration).
Déchets non collectés à Naples en 2010. (Photo d'illustration). © Ra Boe / Wikimedia.org

Depuis une semaine, les déchets envahissent les rues de Rome, la capitale italienne, provoquant une fois de plus la colère de ses habitants. Bacs débordants, objet divers abandonnés, rats galopants : c’est la face cachée de la ville éternelle qui est confrontée une nouvelle fois à un problème de ramassage des ordures.

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De notre correspondante à Rome,

Depuis quelques jours, à Rome, on voit les poubelles déborder d’ordures dans les rues. Des dizaines de sacs de déchets, cartons de pizzas sont posés à côté, à même le trottoir, ce qui attire les mouettes et les rats de Rome. De plus, avec la chaleur, il y a une odeur vraiment gênante pour les habitants.

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Au début, la mairie n’a pas vraiment pris conscience de la situation, puisque l’adjoint à l’Environnement a d’abord refusé de dire qu’il y avait un problème. C’est lorsqu'il a reçu des centaines de photos sur sa page Facebook, postées par les habitants de Rome, montrant les ordures qui s’accumulaient dans les rues, qu’il a fini par parler d’une situation d’urgence.

A cause de deux jours fériés fin avril et début mai, les centres de traitement sont saturés. Dans deux d’entre eux, il reste encore 9 000 tonnes à traiter. Tant que ce ne sera pas fait, les camions ne pourront pas décharger de nouvelles ordures. La mairie a donc annoncé un plan d’urgence, et notamment l’ouverture des centres 24 heures sur 24. 

Ce problème des ordures n’est absolument pas nouveau dans la capitale italienne. L’été dernier par exemple, une vidéo était devenue virale. Des enfants avaient filmé le nombre de rats qui s’échappaient d’une poubelle dans la rue : 25 en cinq minutes seulement ! La gestion des déchets à Rome est un puzzle très compliqué, car la ville n’est pas du tout auto-suffisante pour traiter les ordures.

En plus, la capitale italienne a lancé le tri des déchets très tardivement par rapport aux autres villes européennes ou à celles du nord de l’Italie. Tous les jours, la ville produit en moyenne 4 600 tonnes de déchets. Seulement 43 % d’entre eux sont triés. Or, les centres pour les déchets indifférenciés sont beaucoup plus difficiles à gérer, ils sont en plus vieux et peu nombreux.

Du coup, la ville envoie des déchets dans d’autres régions de l’Italie pour qu’ils soient traités, ainsi qu’en Autriche. Environ 1 400 tonnes traversent la frontière chaque jour !

Une situation qui perdure
 
Cette crise des ordures, qui dure depuis des années, s’explique aussi par la corruption. Mafia Capitale, énorme scandale de corruption à Rome, a visé des dizaines d’élus, fonctionnaires, suspectés d’avoir truqué les marchés publics notamment pour le ramassage des ordures.

L’AMA, la société publique qui s’en occupe, aurait été un immense réservoir à votes. Elle a, en plus, risqué la faillite il y a quelques années. Le parquet de Rome se penche aussi sur les usines de traitement de déchets : elles s’occuperaient de moins de déchets que ce qui est prévu normalement dans les contrats.

Des soupçons qui sont allés jusqu’à la mairie de Rome, puisque l’ancienne adjointe municipale à l’Environnement a été mise en examen en décembre 2016.  Suspectée de favoritisme pour des entreprises privées de stockage d’ordure, au détriment de la ville, elle a quitté son poste.

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