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Bonjour l'Europe

Un Grand Prix de l'Eurovision en Ukraine sans la Russie, première historique

Audio 03:19
La française Alma participe avec son titre «Requiem».
La française Alma participe avec son titre «Requiem». REUTERS/Gleb Garanich
Par : Sébastien Gobert
7 mn

Le 13 mai c’est la finale de l’Eurovision à Kiev. 42 pays en tout ont participéaux demi-finales cette semaine. Ce soir, ce sont 26 pays qui s’affrontent par chanteurs interposés, entre projecteurs et paillettes, pour tenter de se faire élire meilleure chanson de l’année. La capitale ukrainienne est en fête même si cette Eurovision est empreinte de controverses.

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Une première : la Russie ne participe pas à l’Eurovision

Les autorités ont interdit l’entrée sur le territoire ukrainien à la participante russe Ioulia Samoilova en mars. La chanteuse s’était produite en concert sur la péninsule de Crimée, qui a été annexée par la Russie en 2014. Ioulia Samoilova n’avait pas demandé l’autorisation préalable aux autorités ukrainiennes, qui l’ont sanctionnée. Le comité organisateur avait alors pris la défense de la chanteuse, qui souffre d’une maladie musculaire et circule en fauteuil roulant depuis son enfance. Rien n’avait fait infléchir l’Ukraine, et la Russie s’est logiquement retirée de la compétition, dans un esclandre très médiatisé.

L’absence de la Russie jette le trouble sur la compétition. D’autant qu’une autre controverse a failli éclater. Le chanteur bulgare a lui aussi été accusé d’avoir visité la Crimée sans autorisation de Kiev, il y a deux ans. Finalement, les autorités ukrainiennes ne l’ont pas empêché de participer, et il n’y a pas eu de scandale, même si certains dénoncent un double langage du gouvernement de Kiev.

L’Eurovision à des fins géopolitique

L’Ukraine n’est pas la seule à le faire, l’Eurovision comporte toujours une dimension politique. Mais pour un pays qui s’estime victime de l’agression de la Russie, l’occasion est idéale. En 2016, c’était la chanteuse Jamala qui avait remporté l’Eurovision. L’Ukrainienne est une tatare de Crimée. Elle avait rappelé qu’elle est en exil depuis l’annexion de la péninsule. Dans l’organisation de l’Eurovision, dans le centre de Kiev, les signes qui rappellent la guerre dans l’est du pays sont omniprésents. Elle a déjà fait plus de 10 000 morts.

Reste que la géopolitique pourrait se retourner contre l’Ukraine. Beaucoup en Russie appellent à voter pour le chanteur bulgare alors qu’il ne partait pas favori. La Russie pourrait donc influer fortement sur la compétition même si elle n’y participe pas.

Le conflit avec la Russie n’est pas le seul moteur de cette Eurovision. C’est aussi un moyen de présenter le visage d’une Ukraine postrévolutionnaire moderne, et ouvert. La municipalité a investi 7 millions d’euros dans les préparatifs et joue sur le slogan « célébrer la diversité ».

Une polémique dans une Ukraine pleine de contradictions

Dans le centre-ville, l’Arche de l’amitié entre les Peuples, sculpture monumentale datant de l’époque soviétique, devait être recouverte de panneaux aux couleurs de l’arc-en-ciel, et devenir l’Arche de la diversité, à la grande joie de la communauté gay, lesbienne et transgenre d’Ukraine. En effet, l’Eurovision met en avant des valeurs de tolérance et d’ouverture et a permis à de nombreux artistes LGBT de s’illustrer pendant le concours. Mais des protestations de religieux et de nationalistes ont fait échouer le projet. Cette affaire, et d’autres polémiques dans l’organisation, sont des symptômes d’une Ukraine pleine de contradictions, se cherchant toujours une place dans le concert des nations européennes.

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