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Bonjour l'Europe

Espoir de fin de crise politique en Macédoine

Audio 03:12
Zoran Zaev, le chef de l'opposition de gauche macédonienne, futur Premier ministre, ici, pendant son discours lors de la manifestation contre le gouvernement. Skopje, le 17 mai 2015.
Zoran Zaev, le chef de l'opposition de gauche macédonienne, futur Premier ministre, ici, pendant son discours lors de la manifestation contre le gouvernement. Skopje, le 17 mai 2015. REUTERS/Ognen Teofilovski
Par : Laurent Rouy
7 mn

C'est peut-être la fin de plus de deux ans de crise politique majeure en Macédoine. Le vainqueur des élections législatives de décembre 2016 et futur Premier ministre, le socialiste Zoran Zaev, a entamé la formation du futur gouvernement du pays, après que le président de la République, qui défendait jusque-là bec et ongles le Premier ministre sortant, malgré sa défaite aux élections, lui ait accordé le mandat de le faire comme le prévoit la Constitution.

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De notre correspondant régional à Belgrade

La décision du président Ivanov de la semaine dernière est une avancée considérable puisqu'il empêchait auparavant la formation du gouvernement depuis les élections législatives de décembre 2016. La raison était simple : le président Ivanov est un allié du Premier ministre nationaliste sortant, Nikola Gruevski, qui était au pouvoir depuis plus de dix ans. Gruevski avait mis au pas les médias et la société macédonienne dans le but de rester le plus longtemps possible au pouvoir. Il refusait tout bonnement de céder la place au vainqueur des élections, le tout, bien évidemment, en contradiction avec les règles les plus élémentaires de la démocratie.

Pour ce faire, il fallait trouver une justification. Le président refusait ainsi de laisser Zoran Zaev former un gouvernement car il le soupçonnait de vouloir découper le pays selon des lignes ethniques. Pendant ce temps ainsi gagné, les supporters de Gruevski manifestaient dans la rue dans l’espoir de forcer Zaev à l’organisation d’un nouveau scrutin. Ce scénario improbable a tenu jusqu’à ce que les manifestants entrent de force dans le Parlement et blessent des membres de l’opposition. L'image des parlementaires en sang a provoqué un choc et a mis une telle pression sur le Premier ministre sortant qu’il n’a pas eu d’autre choix que de se retirer. Donc, si aujourd’hui, il n’y a toujours pas de gouvernement en Macédoine, la situation est revenue dans le cadre légal et ce sont les vainqueurs de l’élection qui ont la main.

Tâche ardue

La Macédoine est un pays pauvre, et la fuite des cerveaux, autrement dit le départ pour l’étranger des personnels les plus qualifiés, est la plus importante d'Europe. Dans ces conditions, Zoran Zaev aura beaucoup de travail pour mettre fin à la situation de crise du pays. Il va devoir défaire le système clientéliste mis en place par son prédécesseur, mais il va aussi devoir lutter contre la corruption, reformer la justice, et rétablir la liberté des médias. Ensuite il sera face à la très mauvaise situation économique du pays et à son endettement important. Cela le poussera sans doute à prendre des décisions impopulaires, alors que les attentes des électeurs sont énormes après dix ans de nationalisme incontrôlé.

Zoran Zaev va aussi devoir relancer la candidature européenne du pays et composer avec les pays voisins, notamment la Serbie et le Kosovo, qui entretiennent de mauvaises relations. Autant dire que la tâche qui lui incombe est ardue et il faudra du temps, et donc la patience de la part de la population, pour observer des changements concrets dans le pays.

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