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Bonjour l'Europe

La religion s'invite dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine

Audio 03:19
La cathédrale Saint-Volodymyr, siège du patriarcat de Kiev.
La cathédrale Saint-Volodymyr, siège du patriarcat de Kiev. CC/Dezidor

La guerre qui oppose toujours l’Ukraine aux forces séparatistes soutenues par le Kremlin va-t-elle s’étendre au domaine religieux ? Le président Porochenko tente en effet de restreindre les activités de la branche locale de l’Eglise orthodoxe russe et de la placer sous l’autorité du gouvernement de Kiev avec de nouvelles mesures.

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Alors qu'il y a toujours des combats dans l’est de l’Ukraine, la confrontation entre Kiev et Moscou a depuis longtemps déjà dépassé le domaine militaire. Après l’interdiction signifiée à la candidate russe de pénétrer sur le territoire ukrainien lors de l’Eurovision et après l’interdiction du réseau social russe VKontakte en Ukraine, le président Porochenko souhaite faire examiner un nouveau texte à la Rada, le Parlement de Kiev. Celui-ci prévoit que les organisations religieuses dont la direction est basée « dans un État agresseur », seront obligées de s’enregistrer de nouveau auprès des autorités ukrainiennes. Un texte qui concerne donc explicitement l’Église orthodoxe russe, dont la branche ukrainienne jouit depuis l’indépendance de 1991 d’une large autonomie, mais qui est régulièrement accusée de soutenir les positions du Kremlin.

Un vote qui pose problème

A Moscou, le patriarche Kirill, le chef spirituel de l’Église orthodoxe russe, a dénoncé cette initiative qui « menace les droits religieux et constitutionnels de millions de croyants ukrainiens » et qui « pourrait provoquer une vague de violence, une nouvelle saisie des églises russes et aboutir à une escalade du conflit intercommunautaire en Ukraine ». La situation est d’autant plus complexe que la majorité des croyants en Ukraine restent fidèles au Patriarcat de Moscou, plutôt qu’au Patriarcat de Kiev, fondé en 1991 contre la volonté de l’Église russe, et considéré par celle-ci comme « schismatique ». Kirill accuse par exemple l’Eglise ukrainienne du Patriarcat de Kiev d’avoir saisi illégalement entre 2014 et 2016 plus de 40 églises, situées sur le territoire ukrainien.

Deux Eglises opposées

Les deux églises n’ont guère de différence d’un point de vue théologique. Elles professent la même version de l’orthodoxie et suivent exactement les mêmes rites. Mais dans le monde orthodoxe, les églises prennent souvent une dimension nationale. C’est pourquoi, lors de l’accession de l’Ukraine à l’indépendance, a été créée une église ukrainienne du Patriarcat de Kiev, qui regroupe aujourd’hui un tiers des croyants du pays - l’Eglise russe restant donc majoritaire en nombre de fidèles. L’Ukraine est une terre de confins, où les dominations politiques successives déterminent toujours les appartenances religieuses.

Outre les fidèles des deux églises orthodoxes rivales, on trouve aussi des catholiques de rite latin et de rite oriental, les Uniates. Et cette complexité est à l’image de l’identité disputée du pays. Le président Petro Porochenko va donc devoir marcher sur des œufs s’il entend faire voter cette nouvelle loi, au risque de froisser une partie des fidèles du patriarcat de Moscou, qui se considèrent pourtant souvent comme aussi ukrainiens que les fidèles du Patriarcat de Kiev.

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