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Chronique des matières premières

Le secteur du bâtiment est en plein boom en Côte d’Ivoire

Audio 01:59
Des piles de sacs de ciment dans une rue de Bouake en Côte d'Ivoire, le 17 mai 2017.
Des piles de sacs de ciment dans une rue de Bouake en Côte d'Ivoire, le 17 mai 2017. REUTERS/Luc Gnago
Par : Frédéric Garat
5 mn

Cherche ciment désespérément. Signe que le bâtiment va et que donc l’économie ivoirienne se porte bien. Le bâtiment est en plein boom en ce moment en Côte d’Ivoire (grands travaux, logements de standing ou sociaux). Ce qui entraîne des spéculations sur les prix et une inflation parfois artificielle.

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Au même titre que les ventes de bières sont un indicateur de l’activité ou de la récession économique dans de nombreux pays d’Afrique, le prix du sac de ciment est un curseur significatif permettant à bon nombre d’observateurs de savoir comment se porte le secteur du bâtiment. Or ce prix en Côte d’Ivoire est en hausse constante depuis plusieurs mois et l’offre nationale a bien du mal à suivre.
 Depuis le mois de mars dernier, le prix du sac de ciment a augmenté de 30 % sur le marché passant de 5 000 francs cfa à 6 500 francs cfa soit 106 euros à l’achat.

Les raisons de cette inflation sont multiples. Conjoncturelle : les chantiers se multiplient ou s’accélèrent avant la saison des pluies de l’été, une saison durant laquelle les travaux sont moins aisés voire souvent impossible. Pourtant le marché national a besoin chaque année de 3,7 millions de tonnes de ciment pour une capacité de production de 4 150 millions de tonnes mais sur une période de forte demande, le déficit en ciment était de plus de 53 000 tonnes, estime le gouvernement.

L’insuffisance des usines nationales les engorgements au port d’Abidjan où les transporteurs sont sur-sollicités pour le trafic de ciment mais aussi de mangue ou de cacao, le mauvais état des accès vers le port de la capitale économique sont autant d’éléments qui expliquent l’inflation des prix et l’insuffisance de marchandise.

Face à cette situation les intermédiaires jouent leur rôle habituel et aggravant dénoncent les ministères du Commerce et de l’industrie. L’augmentation des délais de livraison -qui a été multiplié par sept- entraine une spéculation sur les prix.

Les ministères de tutelle dénoncent, la création de circuit parallèle et un racket des opérateurs. Une version d’autant plus plausible que l’association des producteurs de ciment de Côte d’Ivoire, elle estime que la hausse des prix est due à des « situations conjoncturelles » notamment en ce qui concerne les voie d’accès et de dessertes de la zone portuaire de Treichville qui ralentissent la livraison dans les points de vente du pays.

C’est donc aux services de surveillance du marché du ministère du Commerce de veiller aux bonnes pratiques tarifaires en Côte d’Ivoire et aux acheteurs de ne pas entretenir la spéculation à la hausse du prix du ciment en achetant au bon tarif.

 

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