Chronique des matières premières

L'acier européen craint la réforme du marché carbone dans l'UE

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Des barres d'acier.
Des barres d'acier. Getty Images/Stephan de Prouw

La réforme du marché européen du carbone inquiète les fabriquants d'acier de l'UE.

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L’acier européen craint la réforme du marché carbone dans l’UE. Une réforme encore en négociation, entre les États membres et la Commission européenne, mais qui augmentera fatalement, à partir de 2020, le coût des droits à polluer pour ce secteur, déjà fragilisé par les importations d’acier à bas coût de Chine et de Russie. La sidérurgie est l’industrie européenne la plus émettrice de gaz à effet de serre, mais elle bénéficiait jusqu’à présent de quotas gratuits de CO2.

Dans des quantités largement suffisantes pour compenser les émissions de certains aciéristes, parce qu’ils avaient freiné leur production depuis la crise. En 2020, les quotas alloués au secteur seront non seulement réduits, mais ils seront payants. Un surcoût chiffré à 26 milliards d’euros sur la prochaine décennie par Eurofer, ce qui devrait renchérir la tonne d’acier européen de 28 euros en 2030, et entraîner une délocalisation encore plus importante de la production d’acier hors d’Europe, là où ces contraintes n’existent pas, craint le secteur européen.

Régler le problème au niveau international

La réforme des quotas en Europe pourrait, au lieu de lutter contre le réchauffement climatique, au contraire l’aggraver, déplore la filière européenne. 10 % seulement de la production mondiale d’acier désormais, mais encore 300 000 emplois, l’industrie européenne plaide pour un règlement au niveau international, à l’Organisation mondiale du commerce, du problème.

« Si nous n’avons pas le choix, admet le président d’Ascoforge, l’aciériste français, qu’au moins, l’Europe attribue un bonus à la filière électrique, qui refond l’acier des carcasses de voitures recyclées, plutôt que de continuer à brûler du charbon, comme les hauts fourneaux... » Des hauts fourneaux incarnés par ArcelorMittal. Le géant européen, candidat au rachat d’Ilva en Italie, promet à ce site de faire monter à 9 millions de tonnes les ventes de brames d’acier... en important de l’acier semi-fini de ses usines du Brésil, qui elles, échapperont au nouveau marché européen du carbone.

 

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