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Afrique économie

Le Kenya inaugure une nouvelle ligne ferroviaire

Audio 02:22
Gare ferroviare de Mombasa, terminus de la nouvelle ligne de chemin de fer du Kenya.
Gare ferroviare de Mombasa, terminus de la nouvelle ligne de chemin de fer du Kenya. Laure Broulard/RFI

Le président Uhuru Kenyatta inaugure ce mercredi 31 mai 2017 le plus grand projet d’infrastructure entrepris par le Kenya depuis son indépendance. Le Standard Gauge Railway (SGR), une nouvelle ligne de train reliant Mombasa, le plus grand port d’Afrique de l’Est, à Nairobi, la capitale. Elle vient remplacer la ligne de chemin de fer construite il y a plus de 100 ans par les Anglais ; le train qui y circule depuis des dizaines d’années a été surnommé le « Lunatic express » en raison de sa lenteur et de ses arrêts imprévus. Le nouveau train, entièrement construit par une entreprise chinoise, devrait ainsi réduire le trajet entre les deux plus grandes villes du Kenya d’environ 17 heures à moins de 7 heures, ainsi que le coût du transport de marchandises.

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Un casque de chantier sur la tête, l’ingénieur Kirika Njoroge pointe le terminus de Mombasa, auquel des ouvriers chinois apportent les dernières finitions. « Là, devant, vous pouvez voir le bâtiment principal de la gare. Et là où se trouvent les barrières jaunes, ce sera la plateforme pour les containers. De ce côté, vous voyez deux voies ferrées et de l’autre, trois voies ferrées pour les quais de passagers. »

La gare de Mombasa est l’une des 33 gares construites le long des nouveaux rails sur une distance d’environ 500 kilomètres. Le tout, construit par la China Road and Bridge Corporation, qui a aussi fourni les wagons et les locomotives diesel, pour un coût total de 3 milliards 170 millions de dollars, dont 90 % ont été prêtés au Kenya par China Eximbank. Selon Maxwell Mengich, le chef du projet chez Kenya Railways, le nouveau train va bénéficier à l’économie kényane.

« Les trains de passagers iront à 120 km/h et les trains de marchandise au minimum à 80 km/h. Cela devrait apporter une meilleure efficacité, faciliter le mouvement des personnes et contribuer à désengorger les routes et le port de Mombasa. Le train actuel ne transporte que 3 % des containers qui transitent à Mombasa, le nouveau train devrait pouvoir transporter jusqu’à 35 % des marchandises venant du port. »

Les usagers devront mettre la main à la poche

Une affirmation mise en doute par les experts : les routiers, disent-ils, resteront une concurrence de taille au train pour le transport de marchandise. De leur côté, beaucoup de Kényans espéraient un train plus moderne et moins coûteux. Ce n’est pas le cas, selon l’économiste kényan Kwame Owino. « La méthode qui a été choisie en ce qui concerne le SGR est la plus chère. Elle produira le moins de valeurs, s’il atteint un jour la rentabilité. Le prix au mètre qu’a payé le Kenya est 150 % plus cher que ce qu’ont payé l’Ethiopie et maintenant la Tanzanie pour leurs trains. Donc nous avons manifestement mal négocié. Les Kényans et les transporteurs qui payent des taxes vont donc devoir payer pour ce train. »

Pourtant, le projet est loin d’être fini. Les travaux pour la ligne Nairobi-Malaba, à la frontière avec l’Ouganda, devraient bientôt commencer et les lignes vers l’Ethiopie et le Soudan du Sud sont à l’état de projet. Avec le SGR, la Chine place le Kenya sur sa nouvelle route de la soie. Uhuru Kenyatta était d’ailleurs l’un des deux seuls dirigeants africains à participer au forum une ceinture une route à la mi-mai à Pékin.

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