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Royaume-Uni: les faux semblants de la bonne santé économique du pays

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Depuis le référendum le sterling a perdu 14% de sa valeur face à l'euro. Ce qui pèse d'autant sur la facture des importations et l'inflation, inexistante en 2015, revient au galop.
Depuis le référendum le sterling a perdu 14% de sa valeur face à l'euro. Ce qui pèse d'autant sur la facture des importations et l'inflation, inexistante en 2015, revient au galop. ©REUTERS/Dado Ruvic

Malgré les attentats du week-end, les élections sont donc maintenues ce jeudi au Royaume-Uni. Quand Theresa May a décidé de la date du scrutin, l'économie britannique était florissante. Mais est-ce toujours le cas ?

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Le Royaume-Uni fait plutôt envie. Avec une croissance à 1,8% en 2016, et un chômage toujours au plus bas, son économie a contredit les alarmistes annonçant le déluge en cas de vote favorable au Brexit. Ou plutôt contredisait car le rythme de la croissance du premier trimestre a été très décevant, voire inquiétant.

Seulement 0,2 point de croissance sur les trois premiers mois de l'année, c'est le plus mauvais score des pays du G7. Un chiffre qui contraste fortement avec celui du dernier trimestre 2016. A +0,7% de croissance ? Le Royaume-Uni était alors le plus dynamique parmi les pays les plus riches.

Comment expliquer ce ralentissement soudain ?

Les ménages britanniques ont subitement réfréné leurs désirs d'achat. Un exemple avec le marché automobile. D'après les chiffres publiés ce matin, au mois de mai les ventes de voitures neuves ont chuté de 8% par rapport à l'an dernier, en avril c'était pire : -20%. Etant donné que la consommation est le principal moteur de la croissance britannique, ce coup d'arrêt s'est très vite ressenti dans toute l'activité du royaume.

Les particuliers ont commencé à faire attention à cause de l'augmentation générale des prix provoquée par la dépréciation de la livre. Depuis le référendum le sterling a perdu 14% de sa valeur face à l'euro. Ce qui pèse d'autant sur la facture des importations. L'inflation qui était inexistante en 2015 revient au galop. Elle pourrait monter jusqu'à 3% d'ici à la de l'année. Pour le moment les salaires ne suivent pas. D'où une perte sèche de pouvoir d'achat en perspective a prévenu la Banque centrale d'Angleterre dans ses dernières prévisions.

Pourquoi les employeurs britanniques n'augmentent-ils pas leurs salariés ?

D'une part parce qu'une partie de leur masse salariale est liée aux petits boulots à temps partiel mal payés que les Britanniques les plus pauvres multiplient pour boucler les fins de mois. Etant donné la pression de cette demande, ils n'ont pas besoin de relever les salaires pour recruter. D'autre part parce que les entreprises sont toujours en mode attente, faute de visibilité sur les négociations du Brexit, leurs dirigeants restent prudents et évitent d'augmenter leurs charges quand ils ne savent pas encore ce qui les attend.

Ils redoutent notamment l'absence d'accord commercial avec l'Union européenne.

38% des importations britanniques proviennent de l'Union européenne. Et près de la moitié des exportations britanniques partent de l'autre côté de la Manche. Ces deux chiffres résument bien la surexposition de l'économie britannique au risque d'un Brexit dur. En clair le pire est à venir. Mais pour le moment cela ne se voit pas, car la chute de la livre a aussi un bon côté, elle a dopé les exportations du royaume.

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