Revue de presse française

A la Une: la solidarité en réponse à l'horreur

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Kiosque à journaux.
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Face au terrorisme aveugle, il faut être clairvoyant et s’unir davantage : c’est le message délivré par bon nombre de quotidiens ce matin après le terrible attentat dans le centre de Londres samedi soir, attaque à la camionnette et au couteau qui a fait 7 morts et des dizaines de blessés.

« Il est très difficile de se prémunir contre ce type d’attaque, reconnait Libération, sauf à sécuriser le moindre mètre carré avec des plots de béton et un homme en arme, et encore ! La meilleure défense reste la cohésion sociale et politique puisque c’est cette unité que les djihadistes veulent pulvériser. […] Brexit ou pas Brexit, l’Europe est solidaire. »

« L’Angleterre est à la peine. La solidarité est plus que jamais nécessaire, renchérit La Presse de la Manche. On ne gagne pas seul contre le terrorisme. À l’heure du Brexit, il devient indispensable de maintenir des liens au sein de l’ensemble des pays européens, y compris la Russie. Le splendide isolement de la Grande-Bretagne, à notre époque, est une illusion. Le temps est plutôt celui des solidarités qu’il faut savoir développer que celui du repli sous sa tente. »

« La coopération internationale reste décisive, insiste La Voix du Nord. La lutte contre le terrorisme se déroule plus que jamais en amont, dans le renseignement. L’échange d’informations devient alors décisif face à un mouvement dont les assaillants sont certes souvent locaux mais aux réseaux, aux inspirations et aux incitations internationaux. En matière de sécurité, Londres a besoin de ses partenaires et réciproquement. »

Refuser la banalisation

Surtout, il ne faut pas se résigner, ne pas s’habituer.

« Depuis plus de dix ans, pointe La Dépêche du Midi, cette guerre fait partie de notre paysage mondial. Les assassins djihadistes nous obligeraient presque à prendre pour habitude   à “banaliser” pourrions-nous dire   ces moments de grandes douleurs. Fou, naïf serait-on d’imaginer qu’à Londres, Bagdad ou Paris, nous pourrions avec certitude vivre à l’écart du pire. Et pourtant, malgré l’urgence, nous devons par-dessus tout refuser de céder à la fatalité   qu’elle soit divine ou non. Notre force, c’est de ne jamais nous y habituer ! »

Oui, « ne jamais s’habituer », s’exclame Le Figaro. « On peut faire autrement pour combattre cette “idéologie maléfique”. C’est toute l’Europe qui doit enfin prendre conscience que le danger est en son sein, et réagir en conséquence. […] Il s’agit de remettre en cause un angélisme bien ancré dans les consciences et cesser de croire, estime le quotidien de droite, que le communautarisme et les accommodements à la loi commune qui vont avec sont l’avenir du monde. Cette tolérance extrême dont les Européens, maniaques de la repentance, ont fait preuve depuis des années leur revient en boomerang. En Angleterre, en Allemagne, en Belgique. Et surtout en France, pays le plus lourdement touché par cette terreur perpétrée au nom d’Allah. Le grand combat contre le terrorisme nécessite une lutte sans merci dans la ville et hors la ville, affirme encore Le Figaro. Que les Européens ouvrent enfin les yeux et ne se masquent plus la réalité ! À l’intérieur, la lutte doit être aussi intense, si ce n’est plus. Et elle doit commencer sur Internet, le premier vecteur des assassinats de masse, quitte à froisser tous les juristes qui estiment que les libertés individuelles priment sur la sécurité collective. Entre les deux, il existe un juste milieu, que justifie la dureté des temps. »

L’Union est sur la même ligne… « La tolérance britannique a permis à l’intolérance islamique de s’épanouir. Il est clair que cette politique est un échec. […] Puisse la France s’en inspirer pour rétablir les lois de la République dans tous ses territoires. »

En effet pointent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « derrière les appels au dialogue, à la fraternité, à la résistance collective, sourd désormais un discours plus radical. S’exprime un besoin de fermeté et d’exclusion, entretenu par l’idée que si ce type de violences est possible sur notre sol, c’est que nos sociétés seraient trop permissives et trop tolérantes. C’est oublier, rappelle le quotidien alsacien, que les Etats totalitaires ne sont pas moins touchés, et que c’est le but des terroristes que de nous amener à cette extrémité-là. Les attentats sont des échardes violemment enfoncées dans les chairs du corps social pour l’affaiblir et le laisser exsangue. »

Ordonnances en série…

A la Une également, le plan d’Emmanuel Macron pour réformer le travail… Un plan dévoilé ce matin par Le Parisien. Le Parisien qui décrit par le menu les 9 ordonnances sur l’emploi que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre. En voici les principales :

La négociation à la carte dans les entreprises : contrat de travail, durée de travail, santé et sécurité, salaires et emploi… seront désormais au menu des négociations en entreprises selon l’avant-projet de loi. La fusion des institutions représentatives du personnel dans une instance unique. Le référendum à l’initiative de l’employeur, ou encore l’instauration d’un barème des indemnités octroyées les prud’hommes.

Emmanuel Macron veut aller vite, toujours selon Le Parisien : examen du projet de loi en Conseil des ministres, le 28 juin, soit dix jours seulement après le deuxième tour des législatives. Mise au vote du projet de loi d’habilitation devant le Parlement, réuni en session extraordinaire, fin juillet. Et le 20 septembre, adoption des ordonnances en Conseil des ministres.

Commentaire du Parisien : « la volonté de réforme du marché du travail apparaît peut-être encore plus fortement dans ces ordonnances que dans les discours du candidat Macron. Reste à savoir comment ces textes vont être reçus par les Français. Le vote du week-end prochain sera un bon indicateur. »

La fin de la malédiction pour Clermont

Enfin, « Clermont patron » : c’est le grand titre de L’Equipe. « L’ASM a obtenu hier son deuxième titre de champion de France de rugby après avoir mené au score pendant toute la finale. Face à de vaillants Toulonnais, les Clermontois ont gagné l’épreuve de force. »

« Clermont : le sacre du cœur », s’exclame Le Figaro.

« Le grand bonheur », lance Le Parisien. « Des tribunes jusqu’à la pelouse du Stade de France, la marée jaune a inondé la planète ovale dans une explosion de joie dont elle n’a pas l’habitude. Clermont, tellement frustré de perdre en finale, tellement fatigué de ses échecs sur le dernier obstacle, autant d’humiliations successives, n’a pas laissé passer cette fois l’occasion. […] Sept ans après son premier titre, ce nouveau bouclier de Brennus décroché au nez et à la barbe du grand rival venu de la Rade, représente bien plus qu’une récompense ou une consécration. C’est la preuve que Clermont n’est pas maudit. »

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