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Référendum catalan: choc annoncé entre Madrid et Barcelone

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Carles Puigdemont, lors de son discours d'investiture à la tête du gouvernement de la Catalogne, à Barcelone, le 10 janvier 2016.
Carles Puigdemont, lors de son discours d'investiture à la tête du gouvernement de la Catalogne, à Barcelone, le 10 janvier 2016. REUTERS/Albert Gea

En Espagne, le heurt fracassant semble inévitable entre deux forces en présence : d’un côté, l’exécutif de Catalogne, clairement séparatiste qui veut organiser un référendum d’autodétermination, coûte que coûte, et si Madrid s’y oppose, déclarer l’indépendance de façon unilatérale ; de l’autre, le gouvernement central, à Madrid, qui estime cette initiative illégale et qui affirme s’y opposer par «tous les moyens légaux».

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Les choses semblent se précipiter. Le chef de l’exécutif catalan Carles Puigdémont a promis d’annoncer la date du référendum dans les jours à venir mais Madrid assure qu’elle ne laissera pas faire.

C'est un véritable affrontement qui est annoncé. La volonté du pouvoir catalan de se séparer de l’Espagne date de 2012 et le verdict n’est pas loin. Rappelons qu'en novembre 2014, les séparatistes catalans avaient organisé une consultation illégale et Madrid avait laissé faire. Mais cette fois-ci, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a précisé que la police judiciaire s’opposera à ce que des urnes soient installées à Barcelone et dans le reste de la Catalogne. De son côté, les catalanistes jouent aux martyrs en disant que l’Espagne s’oppose « au droit des peuples à disposer démocratiquement d’eux-mêmes ». A Madrid, on réplique que les Catalans ne peuvent pas briser la constitution et que ce sont tous les Espagnols ou personne qui devraient se prononcer sur une question aussi fondamentale.

Le chantage des indépendantistes catalans

Le Catalan Puigdemont et les siens ont prévenu que si ce référendum, prévu en septembre est interdit, alors le Parlement autonome proclamera l’indépendance de façon unilatérale. Mais personne ne croit à ce scénario il aurait des conséquences considérables, pour l’Espagne mais aussi pour l’Union européenne.On assiste certainement à une forme de chantage politique des séparatistes auprès du gouvernement Rajoy. Il s’agit en quelque sorte de leur forcer la main. Mais à Madrid on refuse ce chantage et on maintient la même ligne immobiliste, déterminé, intransigeante, celle appliquée par le calme Mariano Rajoy depuis six ans. Du côté de Barcelone, c’est l’inverse, il s’agit de faire bouger les choses, d’alimenter le conflit, de provoquer un drame et des raisons valables pour justifier une scission.

Puigdemont invité à plaider devant les Cortès

Dans l’immédiat, Rajoy a invité le séparatiste Puigdemont à plaider sa cause à Madrid, devant les députés nationaux, si possible dans les jours qui viennent. Mais l’intéressé n’a pas encore accepté pour la simple raison que les indépendantistes catalans savent parfaitement qu’un discours au Parlement, qu’une plaidoirie devant les députés nationaux, très largement opposés à l’indépendance et même à un référendum, se solderait pas un « non » ferme. Puigdemont veut donc logiquement éviter un verdict attendu au Parlement, qui le couvrirait de ridicule. Il veut d’abord parler avec Rajoy, dialoguer, négocier, peut-être trouver une issue, un compromis. Eviter en tout cas un échec retentissant. Même si pour l’instant, c’est le scénario le plus vraisemblable.

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