Aujourd'hui l'économie

La livre sterling encaisse la défaite de Theresa May

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REUTERS/Darren Staples/Illustration/File Photo

L'échec de Theresa May a fait fortement chuter la livre sterling. Les marchés redoutent les conséquences de ces élections sur le Brexit.

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Le marché des changes a été le plus réactif en faisant plier la livre dès la publication des premiers sondages de sortie des urnes. En fait cela fait un an, depuis le référendum sur le Brexit, que la monnaie britannique perd du terrain face au dollar et face à l’euro. Les opérateurs voient ce divorce d’un mauvais œil et ils le disent en vendant la livre sterling.

Les marchés ont l’incertitude en horreur, et aujourd’hui ils ont été servis. Car une fois encore la City a été prise de court par le choix des électeurs britanniques. La bourse londonienne s’est endormie en pensant que les conservateurs allaient l’emporter, elle se réveille en plein smog, en pleine purée de pois si vous préférez, sans aucune visibilité. Car on ne sait pas si Theresa May obtiendra ou pas la confiance du Parlement, on ne sait pas non plus quelle sera sa ligne, ou celle de son éventuel successeur, dans la négociation du Brexit.

On peut donc s’attendre à de fortes turbulences sur le marché des changes, tant que la situation politique ne sera pas clarifiée ?

Les investisseurs s’interrogent sur les concessions que Theresa May devra consentir pour rester à la tête du gouvernement. Va-t-elle laisser filer les dépenses publiques pour recruter des policiers par exemple ? Ce coup de pouce va creuser le déficit britannique et donc surenchérir le coût de sa dette, d’où la grimace des investisseurs.

Autre scénario redouté : un Brexit dur qui passerait par un mauvais accord commercial avec l’Union européenne, dans ce cas le commerce britannique qui se fait essentiellement avec l’Europe en serait la première victime. Là encore c’est la livre qui se trouve en première ligne.

En revanche, les marchés actions sont en hausse, comment expliquer ce grand écart avec le marché des changes ?

En fait, à la City, les actions des multinationales britanniques montent mécaniquement quand la livre baisse parce que leurs ventes à l’étranger sont dopées par le repli de la devise britannique. Mais toutes les sociétés britanniques cotées ne sont pas à la fête.

Les actions des sociétés orientées vers la consommation domestique tout comme celles du secteur du bâtiment se replient parce que la chute de la livre est globalement défavorable à la consommation des ménages. Les autres Bourses européennes sont aussi en hausse ce matin surtout parce qu’elles digèrent les prévisions rassurantes de la banque centrale européenne.

Le recul de la livre, c’est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des Britanniques ?

En un an, la livre a perdu 15 % face au dollar. Cela a été profitable aux exportations, et défavorable aux importations. Étant donné que la balance commerciale britannique est globalement déficitaire, le résultat net est négatif. Les prix des produits importés ont fortement augmenté, les Britanniques sont devenus plus regardants sur leurs achats.

Ce coup de mou de la consommation explique la récente contre-performance de l’économie britannique, au premier trimestre, elle a enregistré la plus faible croissance de la classe européenne.

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